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Santé & Vie pratique

Le déremboursement de l’homéopathie 

Rédaction : Aline Garcia - Mise à jour : 12 juillet 2019 à 10h00
L'homéopathie ne sera plus remboursée d'ici 2021

Élaborée par le médecin allemand Samuel Hahnemann il y a plus de 200 ans, l’homéopathie est une médecine alternative à l’allopathie qui s’appuie sur l’idée d’auto-guérison du corps. Provenant du grec “homoios” (semblable) et “pathos” (maladie), le terme “homéopathie” prétend soigner le mal par le mal en s’appuyant sur les principes de similitude, d’infinitésimalité et de globalité. Le patient reçoit une solution diluée reproduisant ses symptômes, ce qui aurait pour effet de traiter la maladie.

Cette médecine douce fait débat depuis ses origines. Effet placebo pour certains, traitement efficace et moins nocif pour d’autres, le cas de l’homéopathie a toujours divisé les professionnels de santé comme les patients. Elle rencontre pourtant un franc succès avec près de 75 % des Français qui lui renouvellent leur confiance. Le gouvernement vient pourtant d’annoncer le déremboursement des traitements homéopathiques d’ici 2021. 

Retour sur cette médecine alternative.

 

L’intérêt de l’homéopathie

Traitement d’origine naturelle, l’homéopathie s’ajuste en fonction du profil de chaque patient. Ne présentant aucune contre-indication, cette thérapie peut être prescrite sans restrictions aux nourrissons, aux enfants, aux femmes enceintes ou encore aux personnes âgées fragiles. Utilisée pour traiter des pathologies chroniques, aiguës et récidivantes, son usage permet également de réduire la surmédication et la prise de médicaments entraînant des effets secondaires indésirables. L’homéopathie constitue par ailleurs un substitut intéressant pour palier l’intolérance d’un patient face à un traitement classique.

Alors que les seniors français consomment en moyenne 14 médicaments par jour, cette polymédicamentation entraîne chaque année plus de 130 000 hospitalisations et 18 000 décès. L’homéopathie permet de réduire ce risque et l’on constate également que les personnes âgées suivies par des homéopathes consomment en moyenne moins de médicaments et sont globalement en meilleure santé. 

 

Les Français, premiers consommateurs d’homéopathie en Europe 

Premiers consommateurs européens d’homéopathie, d’après un sondage Ipsos, 56 % des Français ont utilisé des médicaments homéopathiques en 2012, dont 36 % régulièrement. Plus récemment, une étude de 2018 indique que trois Français sur quatre ont déjà eu recours à un traitement homéopathique et que 76 % ont une bonne image de cette médecine alternative. 70 % des personnes interrogées disent avoir fait appel à l’homéopathie pour traiter un problème de santé dès l’apparition des premiers symptômes. 72 % des sondés estiment même que leur traitement a eu des conséquences positives sur leur problème de santé. 

Toutefois, alors que 74 % des Français se déclarent globalement opposés à l'arrêt du remboursement des médicaments homéopathiques et 46 % y sont totalement opposés, la Haute autorité de Santé et le gouvernement ont pris l’opinion publique à contre-courant.

 

L’homéopathie déremboursée d’ici à 2021 

Le 9 juillet dernier, le gouvernement a annoncé suivre l’avis de la Haute Autorité de Santé (HAS) en raison de l’efficacité non suffisante de ces traitements. À partir du 1er janvier 2020, l’homéopathie ne sera plus remboursée par la Sécurité sociale qu'à hauteur de 15 % contre 30 % aujourd’hui (et 65 % en 1984) pour arriver progressivement au déremboursement complet en 2021. 

La ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, souligne que le déremboursement n'empêchera ni les médecins de prescrire l’homéopathie, ni les patients d’en acheter. Alors que le remboursement de l’homéopathie représente 126,8 millions € sur les 20 milliards de médicaments remboursés chaque année par l’Assurance Maladie, le déremboursement risque de freiner le recours à ce type de traitement. 

 

Les conséquences du déremboursement 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les médicaments homéopathiques ne sont pas tous remboursés. Ce sont aujourd’hui plus de 1000 médicaments homéopathiques qui bénéficient d’une prise en charge partielle de la Sécurité sociale. Ce remboursement représente  en moyenne 18 à 25 € par an et par personne, ce qui d’après Agnès Buzyn peut être assumé par les patients.

Le déremboursement risque toutefois d’entraîner une hausse générale des prix. Le taux de TVA réduit de 2,1 % applicable aux médicaments remboursés est en effet remis en cause. Il pourrait s’élever à 10 % d’ici 2021 et impacter le coût des traitements homéopathiques. Les laboratoires seront quant à eux, libres de fixer leurs tarifs. D’après les laboratoires Boiron, leader du marché, ce sont 1 300 emplois qui sont directement menacés en France. 

Si vous êtes utilisateur régulier de l’homéopathie, sachez que les consultations des médecins homéopathes conventionnés continueront à être remboursées. Certaines complémentaires santé proposent déjà des garanties optionnelles pour la prise en charge du reste à payer des traitements homéopathiques. Il faudra être vigilant quant aux annonces des mutuelles sur le sujet.

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