Retraites : le comité de suivi propose une sous-indexation des pensions jusqu’en 2030
📌 En résumé
Le Comité de suivi des retraites recommande de sous-indexer les pensions par rapport à l'inflation d'au moins 2 points jusqu'en 2030 afin de contenir le déficit du système. Déjà évoquée en 2025, cette mesure s'accompagne désormais d'une « règle d'or » budgétaire, mais suscite l'opposition des syndicats qui dénoncent un risque pour le pouvoir d’achat des retraités.
Faut-il freiner la revalorisation des pensions pour préserver l'équilibre du système de retraite ? Dans son avis publié le 9 juillet, le Comité de suivi des retraites relance le débat en recommandant une sous-indexation des pensions sur l'inflation jusqu'en 2030. Une mesure jugée insuffisante à elle seule pour redresser les comptes, qui s'accompagne de propositions plus larges sur le pilotage du système. Décryptage.
Une revalorisation des pensions inférieure à l'inflation jusqu’en 2030
Chaque année, les pensions de retraite de base sont revalorisées en fonction de l'inflation. Ce mécanisme s'est traduit par des hausses de 5,3% en 2024, 2,2% en 2025 et 0,9% en janvier 2026.
Dans son avis publié le 9 juillet 2026, le Comité de suivi des retraites (CSR), une instance indépendante composée d'experts chargée d'évaluer l'équilibre du système, recommande de sous-indexer la revalorisation des pensions d’au moins 2 points au total d’ici 2030. Concrètement, les pensions continueraient d'augmenter, mais moins vite que les prix, sans être gelées.
Les dépenses de retraite atteignent près de 400 milliards d'euros par an. En s'appuyant sur les travaux du Conseil d'orientation des retraites (COR), le CSR estime que le déficit, évalué à 5,1 milliards d'euros en 2025, pourrait atteindre 6,8 milliards en 2030, puis 2,4% du PIB à l'horizon 2070 sans mesures correctrices.
Une règle d'or pour encadrer le système, des syndicats opposés
Cette recommandation n'est pas nouvelle : déjà formulée en 2025, elle avait même été intégrée au projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026 avant d'être supprimée par les parlementaires.
Le Comité de suivi des retraites en reconnaît toutefois les limites : « au-delà de 2030, à l'horizon 2040, la sous-indexation des pensions ne pourra pas à elle seule assurer l'équilibre du système de retraite ».
Le CSR propose donc d'encadrer durablement le pilotage du régime par plusieurs règles :
- Une règle d'or imposant le respect de l'équilibre financier, avec un coefficient de soutenabilité déclenché automatiquement en cas de déséquilibre.
- Une trajectoire de référence pour encadrer l'évolution de l'âge de départ à la retraite, avec un éventuel relèvement voté par le Parlement.
- Un comité d'alerte chargé de contrôler chaque année le respect de ces engagements.
Du côté des syndicats, la mesure suscite de vives critiques. Dominique Corona, secrétaire général adjoint de l'UNSA, la qualifie de « mesure simpliste », estimant qu'elle serait efficace sur le plan financier mais pénalisante pour la consommation, la croissance et les recettes fiscales.
Dans le même temps, le Comité de suivi des retraites mise sur la conférence Travail, emploi, retraites, lancée en décembre 2025, dont les conclusions sont attendues à la rentrée pour faire émerger de nouvelles pistes, en particulier sur l'âge de départ.