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Infirmier en pratique avancée (IPA) : un rôle clé pour les seniors

Rédaction : Claire Viel - Mise à jour : 22 mai 2026 à 15h49

Temps de lecture estimé à : moins d'une minute

Infirmier en pratique avancée

📌 En résumé

L'infirmier en pratique avancée est un infirmier diplômé d'État, formé deux années supplémentaires et titulaire d'un diplôme de niveau master. Il peut prescrire des examens, renouveler des traitements et assurer le suivi de patients atteints de pathologies chroniques stabilisées. Depuis janvier 2025, les patients peuvent le consulter en accès direct, sans passer par un médecin, dans le cadre prévu par la réglementation.

 

Un nouveau métier s'installe progressivement dans le paysage sanitaire français. L'infirmier en pratique avancée (IPA) dispose de compétences élargies : il peut prescrire certains médicaments, renouveler des ordonnances et demander des examens complémentaires autorisés par son champ d'exercice.
Une réponse aux déserts médicaux et au vieillissement de la population ? Avec 700 000 personnes âgées supplémentaires en perte d'autonomie attendues d'ici 2050, selon l'INSEE, et l'ouverture de l'accès direct aux IPA en janvier 2025, la question devient centrale.

 

Le métier d'IPA : un infirmier aux compétences élargies

L'infirmier en pratique avancée exerce dans un cadre fixé par la loi du 26 janvier 2016 et l'article L. 4301-1 du Code de la santé publique. Il intervient en équipe pluriprofessionnelle, en lien avec un médecin, et peut se voir confier le suivi régulier de patients dont l'état de santé est stabilisé.

Ses missions vont nettement au-delà de celles d'un infirmier diplômé d'État classique. L'IPA peut notamment :

  • Prescrire des examens complémentaires : biologiques, radiologiques, dans son champ de compétences.
  • Renouveler ou adapter des traitements : médicaments, dispositifs médicaux, matériel de soins.
  • Réaliser des actes de prévention et de dépistage : notamment auprès des patients atteints de maladies chroniques.
  • Coordonner le parcours de soins : entre médecine de ville, hôpital et structures médico-sociales.
  • Conduire des actions d'éducation thérapeutique : auprès des patients et de leurs proches.

 

💡Bon à savoir : Poser un diagnostic et décider du traitement initial restent du ressort du médecin. L'IPA agit en tant que relais expert dans un protocole d'organisation établi avec l'équipe de soins.

 

Formation et diplôme : deux ans à l'université après l'IDE

Pour exercer en pratique avancée, l'infirmier doit justifier de trois années d'exercice à temps plein en tant qu'IDE, être inscrit à l'Ordre national des infirmiers et obtenir le diplôme d'État d'infirmier en pratique avancée (DEIPA). Ce diplôme est délivré par une université accréditée à l'issue d'une formation de deux ans, reconnue au grade de master.

La première année est commune à toutes les spécialités : sciences infirmières, clinique, santé publique, éthique, recherche. La seconde année est centrée sur l'une des cinq mentions reconnues :

  • Pathologies chroniques stabilisées : prévention et polypathologies courantes en soins primaires.
  • Oncologie et hémato-oncologie : suivi des patients atteints de cancer.
  • Maladie rénale chronique : dialyse et transplantation rénale.
  • Psychiatrie et santé mentale : mention ajoutée en 2019.
  • Urgences : dernière mention créée.

 

À noter : Aucune mention officielle « Grand Âge » n'existe à ce jour. L'Association française des IPA en gérontologie (Afipag), la Société Française de Gériatrie et de Gérontologie (SFGG) et le Collège National des Enseignants en Gériatrie (CNEG) réclament sa création depuis 2020, sans succès jusqu'à présent.

 

Quel intérêt pour les seniors et les déserts médicaux ?

L'enjeu est massif. La SFGG estime à 60 % la part des admissions évitables aux urgences en gériatrie. Polymédication, suivi des maladies chroniques, dépistage des fragilités, prévention des chutes et de la dénutrition : autant de domaines où l'expertise infirmière élargie peut décharger les médecins traitants, dont la disponibilité se réduit dans de nombreux territoires.

Dans les EHPAD, l'Agence Régionale de Santé (ARS) PACA indique dans son guide 2025 que l'IPA contribue à améliorer la qualité de vie des résidents, à fluidifier les parcours de soins et à prévenir certaines hospitalisations évitables. Les mentions pertinentes en EHPAD sont les pathologies chroniques stabilisées et la psychiatrie/santé mentale.

L'accès direct, organisé par le décret du 20 janvier 2025, modifie les modalités d'accès aux soins en ville. Un patient peut consulter un IPA exerçant en maison de santé ou en centre de santé sans orientation préalable par un médecin, dès lors que l'exercice s'inscrit dans le cadre d'un protocole d’organisation. Pour un senior isolé dans un territoire sous-doté en médecins, la mesure peut considérablement raccourcir les délais d'accès aux soins.

Pour les aidants et les familles, l'IPA peut devenir un interlocuteur de proximité capable d'évaluer la situation, d'ajuster les traitements et d'orienter vers le bon spécialiste. À condition que la coordination avec le médecin traitant, le médecin coordonnateur d'EHPAD ou le pharmacien soit clairement organisée.

 

💡Bon à savoir : Pour en savoir plus ou identifier un IPA près de chez soi, les seniors et leurs aidants peuvent solliciter leur médecin traitant, le CCAS, le Conseil départemental ou les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) de leur territoire.

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