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Santé & Vie pratique

Pompe à dopamine : un espoir dans le traitement de Parkinson

Rédaction : Sophie Dolleans - Mise à jour : 28 juin 2022 à 09h46
4.6 (40) - Temps de lecture estimé à : 3 minutes
Un nouveau traitement pour Parkinson

En France, 160 000 personnes sont atteintes de la maladie de Parkinson. Selon l’INSERM (institut national de la santé et de la recherche médicale), chaque année, 25000 nouveaux cas sont diagnostiqués, et depuis les années 1990 cette pathologie touche toujours plus de personnes. Une situation qui serait en lien avec le vieillissement de la population.
Les symptômes de Parkinson se manifestent par des tremblements incontrôlés des bras et des jambes, évoluent vers une mauvaise coordination des mouvements (akinésie) et conduisent à une rigidité musculaire (hypertonie).

Depuis 2013, le CHU de Lille et la start-up InBrain Pharma élaborent un traitement qui va révolutionner la vie des malades.

 

Parkinson et la dopamine, un lien fondamental

La maladie de Parkinson entraîne la dégénérescence des neurones à dopamine. Or, ces derniers jouent un rôle primordial dans la coordination des mouvements et la gestion des émotions. Le dépistage précoce de la pathologie permet de mettre en place des traitements ralentissant la progression des symptômes et aide les malades à mieux contrôler leurs mouvements. La médication se réalise généralement par une administration orale de dopamine, et même si ce traitement ne guérit pas la pathologie, elle offre une meilleure qualité de vie.

Si dans les 5 à 10 premières années, le traitement oral suffit pour ralentir et/ou réduire les symptômes, dans les années qui suivent, 50 à 80 % des patients connaissent des phases de sur ou de sous-dosage entraînant le recrudescence des mouvements incontrôlés.

Pour pallier le problème, le CHU de Lille a développé un programme expérimental sur un nouveau mode d’administration de la dopamine. Une pompe électrique implantée dans l’abdomen du patient est reliée par cathéter (dispositif médical constitué d’un tube souple et fin) au cerveau. Son objectif est de transmettre le neurotransmetteur en direct et de manière continue dans la zone concernée. Cette nouvelle forme d’administration de la dopamine est nommée DIVE (dopamine intra-cérébro-ventriculaire). Des essais cliniques sont en cours.

 

Des essais cliniques très concluants

À ce jour, 4 patients ont participé à l’essai clinique du CHU de Lille avec des résultats spectaculaires. Les essais doivent être élargis à 10 autres patients. L’impact sur les symptômes de la maladie est très important : avec un débit constant de dopamine (de 200 mg/24h) tous les patients ont retrouvé le contrôle de leur corps à 80 % du temps dans la journée. À l’évidence, ce mode d’administration offre un grand confort au patient pour gérer efficacement les symptômes de la maladie. Cela permet au malade d’exécuter les gestes de la vie quotidienne et ainsi de retrouver son autonomie.

Pour l’heure, le prix de la DIVE reste très élevé : 20 000 € pour la pompe et sa pose.) Toutefois, ce tarif pourrait être compensé par le coût des services d’aide à domicile économisés grâce à ce type de traitement.

Des essais à l’échelle d’une centaine de personnes seront réalisés ainsi qu’une vingtaine d’essais cliniques dans les années qui viennent avant que cette pompe à dopamine puisse être commercialisée, à priori pas avant 2028.

Parallèlement, la start-up InBrain Pharma et le CHU de Lille travaillent à appliquer ce système de traitement à d’autres maladies neurodégénératives. De l’espoir aussi pour les malades atteints de la maladie d’Alzheimer.

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