0 805 543 098Service & appel gratuits

A A A
MENU
Être rappelé
icon book Services à la personne

Baisse du nombre de proches aidants : ce que révèle l’étude de la DREES

Rédaction : Claire Viel - Mise à jour : 26 juin 2026 à 12h15

Temps de lecture estimé à : moins d'une minute

Etude DRESS, baisse nombre aidants

📌 En résumé

Selon une étude de la DREES publiée en juin 2026, le nombre d'aidants accompagnant un proche dans les gestes du quotidien a reculé de 6 % entre 2008 et 2022, soit 340 000 personnes en moins (5,3 millions contre 5,6 millions auparavant). Une baisse qui intervient alors même que les besoins d’aide à domicile continuent d’augmenter. Pour la DREES, ce recul s’explique par des transformations de fond –familles moins nombreuses, emploi plus prenant– plutôt que par un affaiblissement de la solidarité.
Conséquence : l’aide repose désormais sur un nombre plus réduit d’aidants, souvent plus âgés, qui doivent en faire davantage, plus longtemps.

 

Le constat a de quoi surprendre. Alors que la population vieillit et que les besoins d’accompagnement ne cessent de croître, la France comptait en 2022 près de 340 000 proches aidants de moins qu’en 2008. C’est l’un des enseignements marquants d’une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) publiée en juin 2026. Comment expliquer ce recul, au moment même où le rôle des aidants apparaît plus crucial que jamais ? Derrière cette baisse se dessine une autre réalité, plus exigeante : des aidants moins nombreux, mais bien plus sollicités...

 

Moins de proches aidants, mais une charge d’aide en forte hausse

Entre 2008 et 2022, la France a perdu 340 000 proches aidants apportant une aide régulière au quotidien, leur nombre passant de 5,6 à 5,3 millions, soit un recul de 6 %. Dans le même temps, leur part dans la population diminue, de 10 % à 9 %. Un paradoxe, alors que le nombre de personnes vivant à domicile et ayant besoin d’aide progresse sur la période, passant de 2,08 à 2,16 millions.

Conséquence directe : l’aide repose sur moins d’épaules. Le nombre d’aidants par personne accompagnée recule, passant de 2,7 à 2,5. Et loin de s’alléger, la charge s’intensifie. Les chiffres traduisent clairement cette concentration. En 2008, 35 % des aidants n’assuraient qu’un seul type d’aide ; ils ne sont plus que 21 % en 2022. À l’inverse, la part de ceux qui cumulent entre trois et sept tâches progresse de 40 % à 51 %.

Le temps consacré à l’aide poursuit la même dynamique. Selon la DREES, la part des aidants mobilisés au moins 35 heures par semaine —soit l’équivalent d’un temps plein— est passée de 8 % à 13 %. À l’inverse, les interventions les plus ponctuelles reculent : la part de ceux qui y consacrent moins de 7 heures par semaine diminue de 55 % à 47 %. Désormais, près d’un aidant sur huit assure une présence quasi quotidienne auprès de son proche.

 

Familles, emploi : les causes structurelles de la baisse

La DREES écarte toute idée d’un désengagement collectif. Cette baisse ne traduit ni une diminution des besoins, ni un affaiblissement de la solidarité familiale. Au contraire, l’attachement à la valeur d’aide aux proches progresse : 68 % des Français s’y déclarent fortement attachés en 2020, contre 57 % en 2002, selon les données citées.
Les raisons de ce recul sont donc à chercher ailleurs, dans des évolutions structurelles.

Trois facteurs principaux sont avancés pour l'expliquer :

  • Des familles plus petites : le nombre moyen d'enfants des personnes ayant besoin d'aide est passé de 2,2 à 1,9, et la part de celles vivant en couple a reculé de 45 % à 42 %. Le nombre de proches susceptibles d’intervenir diminue mécaniquement.
  • Des actifs plus contraints : la hausse du taux d'emploi des 50-64 ans et des femmes, deux groupes majoritaires parmi les aidants, complique la conciliation entre vie professionnelle et aide régulière à un proche.
  • Une aide professionnelle insuffisante : sur la période, le volume d'heures des services à la personne stagne et le nombre de salariés employés par des particuliers recule. Les services d’aide à domicile ne compensent pas le recul de l’aide familiale.

Dans le même temps, le profil des aidants évolue. Leur âge moyen s’élève désormais à 55 ans et 4 mois en 2022, contre 52 ans et 11 mois en 2008. L’aide se recentre également sur le cercle familial le plus proche, en particulier les conjoints, dont la part progresse de 24 % à 28 %.

Cette concentration de l’aide, assurée par des proches moins nombreux et plus âgés, intervient alors que le nombre de seniors en perte d’autonomie est appelé à fortement augmenter dans les prochaines années. De quoi poser, de plus en plus directement, la question des dispositifs de soutien et de répit destinés aux aidants.

Cet article vous a-t-il été utile ?

4.3/5 - (6 avis)

Actualités sur le même thème

Aides à domicile : salaires et indemnités kilométriques revalorisés au 1er juin 2026

Aide à domicile : La facture de certains seniors risque d’augmenter de 15 %

Peut-on réduire ses impôts en aidant un parent âgé ?

Hausse du carburant 2026 : quel impact sur l’aide à domicile ?

Abonnez vous à la newsletter Recevez toutes les actus Bonjour Senior