Aides à domicile : salaires et indemnités kilométriques revalorisés au 1er juin 2026
📌 En résumé
Le Gouvernement a validé une revalorisation financière pour les aides à domicile du secteur associatif. Au 1er juin 2026, les salaires ont augmenté de 63 € bruts par mois en moyenne et les indemnités kilométriques sont passées de 38 à 40 centimes par kilomètre. Mais cette mesure ne concerne que 200 000 professionnels sur les 600 000 que compte la France : les salariés du privé lucratif et de l’emploi direct ne sont pas concernés.
Dans un contexte budgétaire tendu, elle apporte un soutien modeste, sans pour autant résoudre la crise d’attractivité du métier.
Après plus d’un an d’attente et trois refus successifs de l’État, le Gouvernement a finalement validé la revalorisation. Les aides à domicile du secteur associatif ont vu leur fiche de paie progresser au 1er juin : salaire et indemnités kilométriques inclus.
Mais ce « coup de pouce » suffira-t-il à un métier où le salaire moyen, tiré vers le bas par le temps partiel subi, plafonne à 700 euros par mois ?
La mesure arrachée dans un climat économique sous tension améliore le revenu des intervenants sans régler la crise d’attractivité et qui laisse de côté une large part de la profession.
Ce qui change vraiment sur la fiche de paie des aides à domicile
Un arrêté du Gouvernement, publié au Journal officiel le 29 mai 2026, agrée deux avenants à la convention collective de la branche de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile. Le premier revalorise les grilles salariales : en moyenne 63 € bruts supplémentaires par mois, pour rattraper les hausses du SMIC et l’inflation cumulée depuis 2024.
Le second avenant relève les indemnités kilométriques, qui passent de 38 à 40 centimes par kilomètre, de façon pérenne. Une revendication ancienne dans un métier où les déplacements sont fréquents. À noter : ces indemnités couvrent les trajets entre deux bénéficiaires, et non le trajet entre le domicile du salarié et sa première intervention.
En cumulant les deux mesures, le ministère avance un gain total d’environ 80 euros par mois, tout en précisant que la part liée aux indemnités kilométriques varie en fonction des distances réellement parcourues.
Indépendamment de cet arrêté, les intervenants pourront additionner cette hausse avec d’autres dispositifs cumulables :
- L’aide « grands rouleurs » : une prime forfaitaire destinée aux travailleurs modestes très mobiles, portée à 100 € à partir de juin.
- Le leasing automobile social : un nouveau programme d’accompagnement financier pour celles et ceux qui souhaitent s’équiper d’un véhicule électrique.
Une revalorisation arrachée dans un contexte budgétaire tendu
Cette décision était loin d’être acquise. Depuis 2025, l’État avait refusé à trois reprises d’agréer les avenants négociés par les partenaires sociaux. En cause, le mode de financement de l'aide à la personne. Les salaires du secteur associatif reposent très peu sur les clients et sont pris en charge pour l’essentiel par la Sécurité sociale et les départements.
Or, les comptes publics sont au rouge. Selon la Cour des comptes, le déficit de la Sécurité sociale a quasi doublé en deux ans. La Commission des comptes de la Sécurité sociale anticipe pour 2026 un dérapage à 23,2 milliards d’euros, là où le Gouvernement espérait le contenir sous les 20 milliards. Le rapport pointe les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient, sur fond de flambée des prix du carburant.
Du côté des collectivités, la réticence était forte. Selon l’association Départements de France, la mesure représente un coût d’environ 44 millions d’euros par an pour les départements, qui refusaient de financer toute dépense nouvelle sans compensation intégrale de l’État.
Dans un contexte où leurs budgets sont déjà sous pression (APA, aide sociale à l’enfance...), les départements estiment ne pas être pleinement compensés et craignent de devoir puiser dans d’autres postes ou de reporter la tension sur les usagers et les prestataires. C’est finalement l’État qui a changé de position en validant la revalorisation, non sans créer des frustrations chez les élus locaux.
200 000 salariés concernés, une crise des vocations non résolue
La principale réserve de cette revalorisation tient à son périmètre. Seul le secteur associatif est concerné, soit 200 000 aides à domicile sur les 600 000 que compte la France. Les salariés du secteur privé lucratif ou en emploi direct ne sont pas concernés.
Le geste reste par ailleurs modeste au regard de la réalité du métier. Majoritairement exercé par des femmes, souvent à temps partiel subi, il affiche un salaire moyen d’environ 700 € par mois. 63 € bruts supplémentaires améliorent l’ordinaire sans transformer l’attractivité d’une profession marquée par la pénibilité et la précarité.
Les fédérations d’employeurs, réunies au sein d’USB-Domicile, saluent une reconnaissance attendue tout en réclamant un engagement durable des pouvoirs publics. Difficultés de recrutement persistantes, fidélisation fragile, hausse continue des coûts de fonctionnement : sans financement pérenne, le secteur restera tiraillé entre l’État et les départements, alors que le vieillissement de la population accroît chaque année les besoins d’accompagnement à domicile.
La revalorisation du 1er juin envoie un signal positif et corrige une injustice salariale. Elle ne règle ni la question de l’attractivité, ni celle du financement de fond d’un secteur appelé à devenir, démographie oblige, un pilier du maintien à domicile.