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Budget 2027 : retraites et arrêts maladie au cœur des pistes d’économies

Rédaction : Claire Viel - Mise à jour : 01 septembre 2026 à 15h34

Temps de lecture estimé à : moins d'une minute

Économies sur le budget 2027, pistes

📌 En résumé

Pour préparer le budget 2027, le gouvernement envisage de réduire certaines dépenses sociales, sans annoncer de hausse d’impôts. Parmi les pistes étudiées figurent la sous-indexation des pensions des retraités les plus aisés et une nouvelle baisse du plafond des indemnités journalières pour les accidents du travail et les maladies professionnelles.
Ces mesures restent toutefois à préciser et devront être discutées lors des débats budgétaires de l’automne.

 

Alors que le déficit de la Sécurité sociale devrait dépasser 23 milliards d’euros en 2026, le gouvernement cherche à réduire certaines dépenses sociales afin de boucler le prochain budget sans hausse d’impôts. Sous-indexation des pensions, réduction des indemnités journalières : les retraites et les arrêts maladie pourraient être mis à contribution.
Découvrez le détail des mesures évoquées et leurs éventuelles conséquences.

 

Retraites : le flou persiste autour de la désindexation des pensions

Le Premier ministre Sébastien Lecornu et plusieurs ministres ont évoqué cet été la piste d’une désindexation des retraites. Concrètement, les pensions augmenteraient moins vite que les prix. Envisagée pour les retraités les plus aisés, aucun seuil de revenu ni dispositif précis n’a été arrêté à ce stade. Le sujet reste politiquement sensible, alors que le système de retraites affichait en 2025 un déficit de 5,1 milliards.

Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, a repris cet argumentaire vendredi 28 août : « J’en appelle à la solidarité des seniors pour participer à un effort collectif afin de redresser notre pays et redresser les comptes de la Sécurité sociale. » Il rappelle que « les actifs cotisent pour les retraités » et qu’un effort de tous est nécessaire.

D’autres membres du gouvernement ont également évoqué la contribution des retraités les plus aisés. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a ainsi évoqué leur participation à l’effort national.

À ce stade, aucune mesure précise n’a toutefois été arrêtée. Les seuils mentionnés dans le débat vont d’une pension mensuelle de 3 000 € à une contribution appliquée dès le premier euro, option défendue par le Medef.

Plusieurs scénarios sont actuellement évoqués, sans qu’aucun n’ait encore été arrêté :

  • Sous-indexation des pensions : une mesure envisagée pour les retraités les plus aisés, sans seuil de revenus ni dispositif précis arrêtés à ce stade.
  • Contribution des retraités aisés : une autre option évoquée par plusieurs ministres, sans montant ni modalités définis.
  • Minimum vieillesse préservé : le gouvernement affirme que cette prestation restera indexée sur l’inflation.

 

Jean-Pierre Farandou a assuré que le RSA et le minimum vieillesse resteraient indexés sur l’inflation. Selon les données de la Drees, 723 000 retraités bénéficiaient du minimum vieillesse en décembre 2023. En 2025, le plafond mensuel de ressources de l’Aspa s’élevait à 1 043 euros pour une personne seule, le montant versé variant selon les ressources du bénéficiaire.

 

Arrêts maladie : le gouvernement prépare une réforme d’ampleur

Sur le volet santé, Sébastien Lecornu entend réformer le dispositif des arrêts maladie. Le Premier ministre affirme que « tout le monde ne peut que constater les abus qui explosent ces dernières années » et promet « une vraie réforme », en concertation avec les partenaires sociaux.

Une première mesure entre en vigueur ce 1er septembre : la durée d’une première prescription d’arrêt maladie est désormais plafonnée à 31 jours, sauf exceptions médicales. Un allongement du délai de carence –correspondant aux trois premiers jours d’arrêt non pris en charge par la Sécurité sociale– a également été évoqué, sans qu’un projet précis n’ait été présenté à ce stade.

Pour les arrêts maladie classiques, le salaire pris en compte pour calculer les indemnités journalières est plafonné à 1,4 fois le Smic depuis le 1er avril 2025, contre 1,8 fois le Smic auparavant. Le gouvernement prévoit d’appliquer une mesure similaire aux accidents du travail et aux maladies professionnelles à compter du 1er novembre 2026 : le plafond passerait alors d’un peu plus de 3 fois le Smic à 1,8 fois le Smic. Selon ses propres estimations, cette mesure permettrait d’économiser 270 millions d’euros dès 2027.

Le gouvernement prévoit également d’inclure dans le projet de loi de finances 2027 une mesure de fiscalisation d’une partie des indemnités journalières versées au titre des accidents du travail et maladies professionnelles. Selon l’estimation gouvernementale, cette mesure pourrait dégager 285 millions d’euros en 2027, sous réserve de son adoption par le Parlement.

Ces arbitrages interviennent alors que les dépenses liées aux arrêts de travail augmentent fortement. Selon les données du ministère de la Santé, le montant total versé au titre des indemnités journalières pour maladie, accidents du travail et maladies professionnelles est passé de 10,8 milliards d’euros en 2016 à 17,9 milliards d’euros en 2025, soit une hausse de 65 % entre ces deux dates.

Ces différentes mesures doivent encore être débattues avec les partenaires sociaux et arbitrées à l’automne, lors de l’examen du projet de loi de finances et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Cet appel à la solidarité est déjà contesté par les associations de retraités. L’UNSA Retraités dénonce un effort demandé aux seniors sans mesure fiscale équivalente visant les hauts revenus ou le patrimoine.

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