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Santé & Vie pratique

Protection sociale : qui paie le vieillissement de la population ?

Rédaction : Sophie Dolleans - Mise à jour : 11 janvier 2022 à 15h11
Le coût de la protection sociale

Entre 1979 et 2019, avec le vieillissement de la population, le coût de la protection sociale a augmenté de 25 % à 36 % du PIB (produit national brut). Retour sur les bénéficiaires et les principaux postes de dépenses dans la dernière étude de France Stratégie.

 

La protection sociale profite surtout aux plus âgés

Dans son étude, France Stratégie relève que depuis quatre décennies, le poids de la protection sociale s’est accru sur le PIB, passant de 15 % au début des années 1960 à 32 % en 2010. L’enquête révèle également que les trois quarts des dépenses de protection sociale bénéficient aux plus de 60 ans

Ainsi, en 2019, sur un budget global de 703 milliards d'euros, 323 milliards de prestation sociale étaient consacrés à la seule tranche de 60-79 ans. Cette somme est à mettre en lien avec le nombre d’individus dans cette tranche d’âge en constante augmentation (baby-boom). Les plus de 80 ans, ont quant à eux reçu 124 milliards d’euros en raison de leur nombre moins important. 

Le financement des pensions de retraite, de réversion ou d’invalidité constituent le premier poste de dépenses, loin devant les frais de santé et enfin, les prestations de soutien à la perte d’autonomie (notamment l’APA).

On constate en revanche que la part de dépenses consacrées aux autres risques de Sécurité sociale (famille, emploi, chômage et insertion professionnelle) n’est pas plus important que par le passé. Ainsi e, 2019, 103 milliards ont été dépensés pour les 40-59 ans, 76 milliards pour les 20-39 ans et 74 pour les 0-19 ans. Pourtant, si le nombre de seniors continue d’augmenter, depuis dix ans, le niveau de dépenses global s’est pourtant stabilisé et se maintient autour de 31 % du PIB.

 

Une meilleure répartition du poids des dépenses sociales

Si depuis 2010, les frais de santé relatifs aux seniors demeurent stables, le poids des dépenses liées aux pensions de retraite a quant à lui diminué. En cause, la réforme des retraites avec le passage d’un âge moyen de départ de 60,5 ans à 62 ans entre 2010 et 2019 ainsi qu’un nouveau mode de calcul des pensions et la baisse des retraites complémentaires.

De nouvelles ressources ont également permis de renforcer le budget de la protection sociale avec notamment la création de la contribution sociale générale (CSG) dans les années 1990 qui ne repose plus seulement sur les seuls revenus du travail mais fait également participer à son financement les plus de 60 ans.

L’essentiel des recettes pour financer la protection sociale repose toutefois toujours sur les actifs. Ainsi les 40-49 ans contribuent à hauteur de 19 400 € par an, les 60-79 ans à hauteur de 7900 € par an et les plus de 80 ans à hauteur de 5 100 € par an.

Si les plus de 60 ans constituent les principaux bénéficiaires de la protection sociale, il est essentiel de se rappeler que d’une part, ce coût diminue depuis dix ans, et que d’autre part, c’est la forte augmentation du nombre de seniors qui est cause de cette hausse. Par ailleurs, l’effort consenti a augmenté dans toutes les classes d’âge, mais de manière plus conséquente chez les plus de 60 ans.

À chaque âge de la vie, nous bénéficions de transferts de la part d’autres générations et/ou des pouvoirs publics, de l’enfance à l’âge de la retraite, ces différentes formes de solidarité nous accompagnent pour grandir, y participer, et bien vieillir.

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