0 805 543 098Service & appel gratuits

A A A
MENU
Santé & Vie pratique

Reconfinement, quels effets sur les seniors ?

Rédaction : Giliane Groll - Mise à jour : 10 novembre 2020 à 16h13
Reconfinement des seniors

Avec des chiffres particulièrement élevés, la seconde vague de la covid-19 a entraîné des mesures fortes de la part du Gouvernement : un couvre-feu ciblé dans un premier temps suivi d’un reconfinement en urgence sur l’ensemble du territoire. Particulièrement vulnérables au virus, quelles sont les conséquences de ce nouvel épisode d’isolement pour les personnes âgées ?

 

Un nouveau confinement pour faire face à la seconde vague

Les compteurs explosent. Selon Santé publique France, plus de 20 000 nouvelles hospitalisations dont 3 091 en réanimation ont été comptabilisées sur les sept derniers jours et près de 41 000 décès depuis le début de l’épidémie. Un pic de 86 852 nouveaux cas journalier a également été atteint le 7 novembre dernier.

Pour faire face à cette deuxième vague, un nouveau confinement a été décrété le 30 octobre dernier et ce, jusqu’au 1er décembre au moins. En pleine épidémie de coronavirus, les seniors, sous étroite surveillance, se sentent stigmatisés et mis à l’écart de la société. L'hypothèse d'un confinement plus strict pour les plus vulnérables, recommandé par certains médecins, avait été écartée lors de l'allocution d'Emmanuel Macron du 28 octobre annonçant un reconfinement pour l'ensemble de la population, sans distinction. En visite dans un EHPAD (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) de banlieue parisienne, ce vendredi matin, le ministre de la Santé Olivier Véran a assuré, pour l’heure, que confiner les personnes les plus fragiles « n'était pas une option qu’ils ont retenue ».

Les seniors sont particulièrement exposés aux effets du virus. En cause, leur système immunitaire moins robuste et moins adaptif –à cause d’un manque de globules blancs– est susceptible de provoquer une détresse respiratoire aiguë ainsi que la défaillance de plusieurs organes. Par ailleurs, la surmortalité chez les personnes âgées s’explique également par le fait qu’ils souffrent souvent d’une pathologie ou d’une maladie chronique. Par exemple, un cancer ou le diabète exposent d’avantage l’organisme à la covid. Les conditions de vie en collectivité dans les structures d’hébergements spécialisées ou la fréquentation plus régulière d’établissements de soins, les exposent également plus au virus.

La mortalité de la covid-19 est bien plus importante chez les personnes âgées. En effet, la moyenne d'âge des personnes décédées en France selon les chiffres publiés par Santé Publique France est de 81,2 ans. Parmi les décès, 2,4 % avaient moins de 65 ans et ne présentaient pas de pathologie associée.

 

Les visites sous conditions autorisées dans les EHPAD

Face à la gestion difficile de la crise sanitaire dans les EHPAD, les visites sous surveillance sont autorisées pour le plus grand soulagement de nos ainées. Emmanuel Macron déclare souhaiter « éviter que ne se nouent des drames humains que nous avons vécus au printemps » et « que des personnes seules, en fin de vie, se retrouvent totalement isolées ». Ces visites sont uniquement autorisées sur rendez-vous, si possible dans un espace dédié ou à l’extérieur en présence de deux visiteurs maximum.

Les proches des pensionnaires doivent remplir une demande écrite de rendez-vous. Une fois le formulaire rempli et validé par l'établissement, les visiteurs doivent prendre en compte le règlement intérieur pour le bon déroulé de la visite. Un courrier, SMS ou mail est par la suite envoyé aux familles, définissant la procédure, les conditions, la méthodologie, le jour et l’heure de la visite. Afin de faciliter les visites, les établissements sont encouragés à rester ouverts les week-ends et en dehors des horaires de travail.

Les visites peuvent également être suspendues à tout moment par les directeurs d'établissements en cas de non-respect des gestes barrière. Ces visites demandent beaucoup de vigilance, en veillant à ce que les stocks d’équipements (masques, gel..) soient suffisants. Par ailleurs, des tests de dépistage au retour des congés des personnels et des nouveaux intervenants ont été mis en place.

 

Un confinement ciblé des plus âgés à l'étude ?

Sont qualifiées de « personnes vulnérables », les seniors et les individus atteints de pathologies lourdes. Le Conseil scientifique, dans un avis rendu le lundi 26 octobre, évoque le chiffre de 22 millions de personnes pouvant être aujourd’hui considérées comme vulnérables.

Dans ce contexte sanitaire, une mesure d’isolement des personnes vulnérables est à nouveau sur la table. Les différentes catégories de la population sont en effet souvent mélangées. « Cette voie n’est pas, au moment où je vous parle, utilisable », concluait le chef de l’Etat lors de sa dernière allocution. La nuance temporelle a son importance. Si l’épidémie diminue, l’isolement ciblé, pourrait permettre de préserver autant que possible la vie économique et sociale en attendant la mise sur le marché d’un vaccin.

Aux yeux des scientifiques, un tel confinement ciblé, s’il devait être prononcé, « ne pourrait être obligatoire, pour des raisons à la fois éthiques, sociales et sans doute juridiques (rupture d’égalité) ». En avril, le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, avait créé un tollé en affirmant que les personnes à risque devaient continuer à rester chez elles à la fin du premier confinement. Le Gouvernement ne souhaitant pas une telle discrimination s’en remettait alors à la responsabilité individuelle de chacun.

Affaire à suivre…

Suivez-nous :-)