Quelle est la température idéale dans la maison pour les seniors ?
Le maintien d’une température adaptée à domicile constitue un enjeu de santé publique pour les personnes âgées. Avec l’âge, la capacité de l’organisme à réguler sa température interne diminue, augmentant la vulnérabilité face au froid.
En France, la température de référence recommandée dans les logements est fixée à 19°C par le ministère de la Transition écologique dans le cadre des politiques de sobriété énergétique. Cette recommandation générale s'avère toutefois insuffisante pour les plus de 65 ans.
Pour les seniors, de nombreux professionnels de santé estiment qu’une température comprise entre 20°C et 23°C dans les pièces de vie est mieux adaptée pour limiter les risques cardiovasculaires, respiratoires et cognitifs liés au froid. Maintenir un confort thermique stable contribue également au maintien de l’autonomie à domicile.
Pourquoi les seniors sont-ils plus vulnérables au froid ?
Des modifications physiologiques liées à l’âge
Avec l’avancée en âge, plusieurs mécanismes de thermorégulation perdent en efficacité :
- Diminution de la masse musculaire (sarcopénie) : les muscles produisent de la chaleur par le mouvement et les frissons. Leur diminution limite cette capacité.
- Amincissement du tissu adipeux sous-cutané : la graisse joue un rôle d’isolant naturel. Sa diminution favorise les pertes thermiques.
- Ralentissement du métabolisme basal : la production interne de chaleur devient moins efficace.
L’ensemble de ces facteurs explique pourquoi une température perçue comme confortable par un adulte jeune peut être insuffisante pour une personne de plus de 65 ans.
Une perception du froid parfois altérée
Le vieillissement s’accompagne d’une diminution de la sensibilité thermique. Les signaux envoyés par les récepteurs cutanés sont moins bien interprétés par le système nerveux central.
Conséquence : certains seniors ne ressentent pas immédiatement une baisse de température ambiante, ce qui peut retarder la mise en place de comportements protecteurs (augmenter le chauffage, se couvrir davantage).
Cela accroît le risque d’hypothermie accidentelle, en particulier en cas de maladie chronique ou de prise de médicaments affectant la vigilance.
L’augmentation du risque cardiovasculaire
Le froid provoque une vasoconstriction (rétrécissement des vaisseaux sanguins) destinée à limiter les pertes de chaleur. Ce mécanisme entraîne une augmentation de la pression artérielle et une sollicitation accrue du muscle cardiaque.
Chez une personne fragile, notamment en cas d’antécédents cardiovasculaires, ce stress physiologique peut majorer le risque d’accident cardiaque ou d’AVC.
Maintenir une température intérieure stable participe donc à la prévention.
Un impact direct sur les capacités cognitives
Une étude menée en 2023 par l'Institut Marcus affilié à la Harvard Medical School souligne que le confort thermique influence directement la vivacité d'esprit des aînés. Les chercheurs ont observé que les fonctions cérébrales, comme la mémoire et la concentration, sont optimales lorsque la température ambiante se situe entre 21°C et 26°C, avec un pic d'efficience autour de 23°C.
À l'inverse, un environnement trop frais oblige l'organisme à mobiliser une part excessive de son énergie pour maintenir sa température interne. Ce mécanisme de défense s’effectue au détriment des capacités cognitives, pouvant entraîner une fatigue mentale accrue ou des épisodes de confusion chez les personnes les plus fragiles.
Quelle température pour un confort et une santé optimale ?
Les experts et gériatres alertent régulièrement sur le seuil des 19°C, jugé trop bas pour de nombreux seniors, notamment en cas de mobilité réduite ou de pathologies chroniques.
Pour les plus de 65 ans, il est conseillé de maintenir les pièces de vie à une température minimale de 20°C à 21°C. Cette température ambiante permet de limiter les efforts métaboliques du corps pour se maintenir à 37°C, préservant ainsi les réserves d'énergie nécessaires aux activités quotidiennes.
Il est toutefois possible de nuancer les réglages en fonction des pièces et du moment de la journée. La chambre peut être légèrement plus fraîche pour favoriser le sommeil par exemple. L'objectif est de trouver le juste équilibre entre bien-être et consommation d'énergie.
Voici les températures recommandées par pièce de vie 👇
| Pièce | Température conseillée | Bénéfice |
| Salon, séjour | 21°C à 23°C | ✅ Maintien des fonctions cognitives et confort général |
| Chambre à coucher | 18°C à 20°C | ✅ Qualité du sommeil et meilleure respiration |
| Salle de bain (pendant la toilette) | 22°C | ✅ Prévention du choc thermique |
| Cuisine | 19°C à 20°C | ✅ Confort lors de la préparation et des repas |
Conseils pratiques pour optimiser son chauffage
Pour optimiser la température de son domicile sans voir s'envoler la facture d'énergie, l'isolation demeure une priorité. Les gros travaux de rénovation thermique (toiture, murs, système de chauffage) sont toutefois très onéreux et souvent inaccessibles aux seniors les plus modestes, même avec les aides de l’Anah.
Certains gestes simples permettent toutefois d’améliorer le confort de vie :
- Améliorer l’isolation thermique : installation de bas de porte ou de joints isolants, pose de rideaux thermiques épais, fermeture des volets dès la tombée de la nuit.
- Installer un thermostat programmable : pour adapter la chauffe aux horaires de présence, éviter les manipulations répétées des radiateurs, assurer une température optimale dès le réveil.
- Aérer son logement, même en hiver : une aération de 10 minutes par jour, fenêtres grandes ouvertes, suffit à renouveler l’air sans refroidir durablement les murs. Cela limite l’humidité et les polluants intérieurs, facteurs aggravants pour les pathologies respiratoires.
- Adopter de bons réflexes au quotidien : superposer plusieurs couches de vêtements, privilégier les matières naturelles comme la laine ou le coton, consommer des boissons chaudes, maintenir une activité physique légère (marche).