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Rédaction : Carole Carries - Mise à jour : 03 novembre 2020 à 12h05

Définition de l’AVC

En France, environ 150 000 personnes par an sont victimes d’un Accident Vasculaire Cérébral (AVC). 110 000 sont hospitalisées et 30 000 en décèdent au cours de la première année. Considéré comme une urgence médicale absolue, une prise en charge rapide permet d’éviter les dommages, souvent irréversibles. C’est pourquoi il est essentiel d’en reconnaître les signes avant-coureurs, de se former aux gestes de premier secours et de prévenir les facteurs de risque. L’objectif est de réduire les risques de décès et de séquelles fonctionnelles.

Également appelé « attaque cérébrale », l’AVC se manifeste par une interruption brutale de la circulation sanguine dans le cerveau entraînant la mort des cellules cérébrales (neurones). Cet arrêt correspond, soit à l’obstruction, soit à la rupture d’un vaisseau sanguin dans le cerveau.

L’AVC représente, en France, la première cause de handicap physique acquis de l’adulte, la deuxième cause de déclin intellectuel, la troisième cause de mortalité chez l’homme et la première chez la femme, avant le cancer du sein, avec plus de 18 000 décès chaque année.

Les deux types d’accidents vasculaires cérébraux

Il est important de distinguer les deux types d’accidents vasculaires cérébraux :

  • Les AVC ischémiques ou infarctus cérébraux, les plus fréquents, représentent 80% des AVC. Ils interviennent lorsqu’un caillot de sang (thrombus) vient obstruer une artère bloquant la circulation sanguine. On parle également de thrombose ou d’embolie cérébrale.
  • Les AVC hémorragiques, avec 20% des AVC, interviennent en cas de rupture d’une artère, déclenchant une hémorragie intracérébrale ou la rupture d’un anévrisme (une dilatation anormale de la paroi artérielle). Ces AVC peuvent être consécutifs à un traumatisme, une malformation vasculaire ou encore une tumeur. Ils peuvent également se révéler spontanés.

Les symptômes de l’AVC

Dans la majorité des cas, aucun signe annonciateur ne permet de prévoir un accident vasculaire cérébral. Cependant, un AVC sur quatre est précédé d’un Accident Ischémique Transitoire (AIT). Il s’agit d’une « mini attaque » due à une interruption temporaire de l’apport sanguin au cerveau qui dure généralement moins d’une heure, parfois quelques minutes seulement.

Véritable signal d’alarme à prendre très au sérieux, l’AIT constitue un signe avant-coureur d’infarctus cérébral. L’accident peut toutefois passer inaperçu car les symptômes sont similaires à ceux d’un AVC.

 

Comment reconnaître un AVC ?

Les symptômes de l’AVC sont divers et dépendent principalement de la zone du cerveau impactée. Le signe le plus courant d’un AVC est une paralysie ou un affaissement soudain du visage, du bras ou de la jambe, le plus fréquemment d’un seul côté (hémiplégie).

D’autres signes évocateurs peuvent survenir de façon brutale :

  • Des maux de tête intenses et inhabituels parfois accompagnés de vomissements,
  • Des troubles du langage ou une aphasie qui se traduisent par une difficulté à s’exprimer clairement ou à comprendre, une confusion mentale,
  • Des troubles de la sensibilité avec un engourdissement du visage, d’un bras ou d’une jambe,
  • Des troubles de la vue : double vision, image floue ou perte de visibilité d’un œil ou des deux. Ils peuvent survenir durant quelques instants ou se prolonger, pour finalement disparaître,
  • Des troubles de l’équilibre ou de la coordination se traduisant par une difficulté à la marche, des vertiges et des étourdissements,
  • Une fatigue soudaine, une somnolence.

En cas de doute, il est urgent de composer le 15.

 

Que faire en cas d’AVC ?

En cas d’accident vasculaire cérébral, une prise en charge médicale d’urgence est impérative. Chaque minute qui passe voit la destruction de millions de cellules du cerveau. On estime ainsi qu’il est possible de réduire de 30 % la mortalité et le handicap dans le cas où la victime est prise en charge dans les trois heures suivant l’apparition des premiers symptômes. Aussi, devant un ou plusieurs signes cliniques, ou au moindre doute, il faut immédiatement composer le 15 pour alerter le SAMU.

En attendant les secours, le malade doit rester allongé et ne rien ingérer (médicament, boisson, aliment…). Il est également important de noter l’heure à laquelle les signes sont apparus ainsi que la liste des médicaments pris par la personne afin de les communiquer à l’équipe médicale.

Bon à savoir : En cas d’attaque, il est préférable de ne pas se déplacer et d’attendre l’arrivée du SAMU habilité à faire admettre la victime dans une unité neurovasculaire (UNV) ou un service d’urgence en liaison avec une UNV.

Comment éviter un AVC ?

L’AVC survient lorsqu’un caillot de sang bloque un vaisseau sanguin dans le cerveau. S’il est possible de l’éviter, ou plutôt d’en réduire les risques en agissant sur certaines causes liées à notre mode de vie, il est malheureusement impossible d’influer sur les autres facteurs non modifiables, à savoir, le sexe, l’âge, les antécédents familiaux ou l’origine ethnique.

 

Les causes de l’AVC

La principale cause d’un AVC est l’athérosclérose qui se caractérise par la formation, au niveau d’une artère cérébrale, de plaques d’athérome. Composées de dépôts de cholestérol, de calcaire ou de cellules spumeuses chargées de graisses, ces plaques grossissent et entraînent un rétrécissement du diamètre de l’artère empêchant la circulation sanguine.

La fibrillation auriculaire (ou atriale) qui est un trouble du rythme cardiaque, peut également constituer une autre cause de l’AVC. Comme le cœur ne joue plus correctement son rôle de pompe, le sang circule moins bien et à tendance à stagner, ce qui peut provoquer la formation d’un caillot sanguin et sa migration dans une artère du cerveau.

Plus rarement, puisqu’il ne représente qu’1 % des AVC, l’infarctus cérébral peut avoir une origine veineuse et non artérielle. Il peut survenir à tout âge mais plus particulièrement chez les femmes jeunes, en raison de facteurs hormonaux (contraceptifs oestroprogestatifs, grossesse) ou du tabagisme.

Cependant, la cause exacte d’un AVC n’est pas toujours identifiable. D’autres examens complémentaires sont dans ce cas nécessaires.

 

Les facteurs de risque

Le risque d’AVC augmente avec l’âge. Généralement, il devient significatif à plus de 50 ans chez les hommes et plus de 60 ans chez les femmes (ou après la ménopause).

Néanmoins, si l’âge moyen de survenue d’un AVC est de 71 ans chez les hommes et de 76 ans chez les femmes, il est important de souligner que 25 % des patients touchés ont moins de 65 ans, 10 % moins de 45 ans et 1 % moins de 18 ans.

D’autre part, si l’un des parents ou les deux, un frère ou une sœur ont fait un AVC avant l’âge de 45 ans, la probabilité d’en être victime soi-même est accrue.

Enfin, le risque d’AVC est légèrement plus élevé chez les Afro-Américains et les Hispaniques, en grande partie en raison d’une pression artérielle élevée.

Certains risques sur lesquels il est possible d’agir peuvent être influencés par notre mode de vie. Plusieurs facteurs augmentent en effet le risque d’AVC :

  • Une mauvaise alimentation,
  • La consommation de tabac et d’alcool,
  • Le manque d’exercice et sédentarité,
  • Le surpoids,
  • Le diabète,
  • L’hypercholestérolémie,
  • L’arythmie cardiaque ou fibrillation auriculaire,
  • L’hypertension artérielle,
  • Le stress et la dépression.

On estime que 80 % des AVC pourraient être évités en contrôlant au mieux ces facteurs de risque.

Les traitement de l’AVC

Le traitement de l’accident vasculaire cérébral diffère selon le type d’attaque et de sa gravité. D’une manière générale, une hospitalisation dans une unité neurovasculaire ou un service d’urgence est nécessaire.

Certains traitements utilisés en urgence vont permettre de limiter l’aggravation des dégâts par l’utilisation de thrombolytiques mais surtout d’anti-agrégants et d’anticoagulants.

 

Le traitement de l’AVC ischémique

Dès l’arrivée à l’hôpital, une imagerie cérébrale, de préférence une IRM, ou un scanner le cas échéant, est pratiquée afin de confirmer le diagnostic d’AVC.

En cas d’AVC ischémique, un traitement thrombolytique par voie veineuse –l’altéplase– est effectué afin de résorber et dissoudre le caillot obstruant l’artère. L’objectif est de rétablir la circulation du sang et l’apport en oxygène au niveau du cerveau. Ce traitement ne peut intervenir que dans les quatre heures et demi suivant l’apparition des symptômes. Il augmente de 30 % le nombre de patients guéris ou présentant des séquelles minimes. Toutefois, ce procédé comporte un risque d’hémorragie cérébrale et son utilisation doit être rigoureuse. 10 à 15 % des patients seulement sont susceptibles de bénéficier de cette solution.

Une autre technique récente, pratiquée également en unité de soins intensifs neurovasculaires, consiste à pratiquer une thrombectomie mécanique par voie artérielle. Cette technique médicale, réalisée sous anesthésie locale ou générale, consiste à déboucher l’artère cérébrale afin de rétablir la circulation sanguine. L’intervention consiste à introduire un cathéter et un fil guide via l’artère fémorale (au pli de l’aine) et à les pousser jusqu’à l’artère bouchée du cerveau. Au bout du guide, un stent retriever (une partie métallique ressemblant à un grillage) perfore le caillot et les morceaux du caillot sont ensuite aspirés via le cathéter.

La thrombectomie doit être effectuée dans les six heures suivant l’AVC et peut même être pratiquée sous vingt-quatre heures chez certains patients et certaines conditions.

 

Le traitement de l’AVC hémorragique

En cas d’accident vasculaire cérébral hémorragique, une IRM et une artériographie permettent de visualiser la présence d’une hémorragie. La solution pour traiter ce type d’AVC dépend de l’importance de l’hémorragie. Le traitement d‘urgence vise surtout à stabiliser la pression artérielle exercée par l’épanchement de sang sur le cerveau. Une intervention chirurgicale peut être mise en place avec pour objectif de stopper le saignement et de résorber l’hématome qui comprime le cerveau.

Dans le cas d’un anévrisme –dilatation anormale de paroi artérielle–, une embolisation peut être pratiquée si l’hémorragie n’est pas trop importante. Le but est de boucher la lésion avec des petites spirales de platine en passant par l’intérieur des artères. Ces fils sont introduits à l’aide d’un petit cathéter au niveau de l’artère fémorale. Si l’embolisation n’est pas possible, le neurochirurgien peut décider dans le même temps de clipper l’anévrisme afin de l’isoler du reste de la circulation.

 

Le traitement médicamenteux après un AVC ischémique ou un accident ischémique transitoire

Une fois l’urgence de l’AVC passée, un traitement médicamenteux est prescrit. Ce dernier devra généralement être pris à vie. Il s’agit d’anti-agrégants plaquettaires, notamment l’aspirine, qui empêchent les plaquettes de sang de s’agglutiner et les caillots de se former.

D’autres médicaments anticoagulants ou fluidifiants du sang vont faire obstacle à la formation de caillots dans les vaisseaux sanguins. Ils sont prescrits dans certains cas d’AVC ischémique, notamment lorsque le caillot a migré au cerveau à partir du cœur, lors de troubles du rythme cardiaque, ou dans le cas de fibrillation auriculaire par exemple. Ce traitement doit faire l’objet d’une surveillance médicale car il présente un risque d’hémorragie.

Comment vivre après un AVC ?

Tous les AVC n’ont pas la même gravité et les mêmes conséquences. Certains régressent rapidement sans laisser de séquelles. D’autres, plus graves, peuvent entraîner la mort en quelques heures. Nombreux sont ceux qui laissent des séquelles plus ou moins lourdes, remettant en cause l’autonomie des patients dans leur vie quotidienne.

Aussi, après un AVC, un traitement médical associé à une bonne hygiène de vie et complété par une rééducation sont des éléments essentiels pour prévenir le risque de récidive et pour aider à récupérer de ses séquelles.

 

La rééducation motrice et orthophonique

La rééducation après un AVC vise à aider le patient à retrouver ses capacités motrices (marche, usage de la main, capacité à prendre un objet, parole…), de prévenir l’apparition de complications (encombrement pulmonaire, phlébite, rétractions musculo-tendineuses, escarres…) et de développer des stratégies de compensation dans les situations de la vie quotidienne (apprendre à un droitier paralysé du côté droit à utiliser sa main gauche, utiliser des aides techniques pour la toilette, l’habillage, les déplacements, le repas, les loisirs…).

Aussi, une rééducation motrice doit commencer tôt, et dès que l’état de santé le permet, avant le quatorzième jour en cas de phase aigüe. Le but est d‘aider le patient à retrouver à pratiquer un maximum d’activités physiques et sociales de manière autonome.

Il existe différentes approches de rééducation motrice après un AVC. Elles s’appuient sur des méthodes thérapeutiques associant kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie et parfois psychologie. Les exercices sont pratiqués manuellement, à l’aide d’instruments ou en combinant les deux : rééducation de la sensibilité, de la main avec des exercices répétitifs jusqu’à ce que le mouvement soit acquis, programmes d’exercices gymniques pour améliorer la condition physique, renforcement musculaire, de la posture et de l’équilibre, marche utilisant un appui (canne, harnais suspendu…) ou des aides techniques : tapis roulant, système de verticalisation, orthèses pour améliorer la stabilité de la marche, utilisation de l’électrothérapie pour stimuler les muscles…

Une rééducation orthophonique est également indispensable après un AVC. L’objectif est de restaurer les capacités de communication du patient en améliorant le trouble du langage parlé et/ou écrit (aphasie), de stimuler les capacités cognitives (mémoire, attention, compréhension), de gérer les troubles de la déglutition.

Plus les séances sont nombreuses et intensives, plus les améliorations seront sensibles.

Des progrès sont possibles même après plusieurs années et sont variables d’un patient à l’autre.

 

Prévenir les causes et facteurs de risques

Selon la Société Française Neuro-Vasculaire (SFNV), 80 % des AVC pourraient être évités grâce à une meilleure prévention des facteurs de risque et en adoptant une meilleure hygiène de vie.

Aussi, il est recommandé de faire contrôler sa tension artérielle, son taux de cholestérol et son diabète au moins une fois par an.

En cas de surpoids ou d’obésité, il est préférable de privilégier une alimentation équilibrée, pauvre en aliments gras, sel et sucre, mais riche en fruits et légumes, en fibres (légumineuses, oléagineux), en oméga 3 (huile d’olive…), en viandes maigres, poissons gras et produits laitiers avec peu de matière grasse ainsi que de consommer du thé vert.

Il est également conseillé d’arrêter le tabac et de limiter l’alcool et de contrôler son niveau de stress qui peut contribuer à réduire la survenue d’un AVC.

Changer ses habitudes de vie n’est pas toujours facile mais ce sont ces changements, même minimes, qui vont permettre de réduire le risque de récidive.

 

Apprendre à surmonter les séquelles

Après un AVC, le quotidien, se trouve complètement bouleversé et le retour au domicile est une étape cruciale pour le patient et les aidants.

Diverses aides à domicile –Infirmiers, aide-soignants, aides-familiales, aides-ménagères, gardes-malades…– peuvent être mises en place pour faciliter l’autonomie et la sécurité du patient. Vous pouvez à ce titre vous adresser à votre Caisse Primaire d’Assurance Maladie.

Un ergothérapeute peut également intervenir afin de conseiller une nouvelle organisation ainsi que des modifications de l’espace de vie. Cela peut être la pose de barres de maintien, l’installation d’une douche sécurisée, d’un monte-escalier, la mise en place de robinets pouvant être actionnés avec le poignet ou de plans inclinés dans les différents espaces… Si la personne se déplace en fauteuil roulant, le praticien peut également recommander d’élargir l’ouverture des portes, d’aménager une rampe extérieure pour faciliter l’accès au domicile ou d’installer une plateforme élévatrice.

Une aide psychologique est parfois nécessaire après un retour à domicile. Il ne faut pas hésiter à la demander si besoin. Des groupes de paroles pour les personnes victimes d’AVC existent et le soutien de l’entourage est également très important pour éviter que le patient ne se replie sur lui-même.

Bon à savoir : Il est possible de consulter une assistante sociale en contactant le CCAS dont on dépend pour connaître les aides financières auxquelles vous pouvez prétendre en tant que victime d’AVC. N’hésitez pas également à contacter des associations qui sauront vous orienter et vous conseiller.

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