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Rédaction : Jade Marrot - Mise à jour : 06 mai 2026 à 13h00

Temps de lecture estimé à : moins d'une minute

📌 L’essentiel sur le cholestérol

Le cholestérol est un lipide essentiel, fabriqué à 75 % par le foie et apporté à 25 % par l’alimentation. Il circule sous deux formes : le HDL (bon cholestérol) et le LDL (mauvais cholestérol). Un taux de LDL supérieur à 1,6 g/L (sans facteur de risque) ou à 1,3 g/L (avec facteurs de risque) favorise les maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC). Le cholestérol total ne doit pas dépasser 2 g/L. Sa prise en charge repose sur l’alimentation, l’activité physique et, si nécessaire, les statines.

Qu’est-ce que le cholestérol ? Quel est son rôle ?

Le cholestérol est un lipide indispensable au fonctionnement de l’organisme. Fabriqué à 75 % par le foie, il provient pour le reste de l’alimentation. Sa présence est structurellement indispensable à la constitution de nos cellules et au maintien des fonctions vitales.

Ce lipide joue un rôle central dans plusieurs mécanismes de l’organisme :

  • Le système nerveux : Il participe activement à la formation des synapses.
  • La fonction digestive : Il permet la production de la bile, essentielle pour assimiler les graisses.
  • Le système métabolique : Il agit comme précurseur dans la synthèse de la vitamine D et de plusieurs hormones.

 

Lorsque le taux de cholestérol dans le sang dépasse les valeurs de référence, on parle d’hypercholestérolémie. Ce n’est pas une maladie à proprement parler, mais un facteur de risque majeur de pathologies cardiovasculaires : coronaropathie, infarctus ou AVC (accident vasculaire cérébral).

Les deux types de cholestérol

Le cholestérol circule dans le sang fixé à des protéines de transport, les lipoprotéines. Selon leur densité, on distingue deux grandes familles : les HDL et les LDL. Cette distinction est essentielle pour interpréter son bilan lipidique.

 

Le cholestérol HDL ou « bon cholestérol »

Le HDL (high-density lipoprotein) est communément appelé le « bon cholestérol ». Sa mission principale est de nettoyer les artères en récupérant l’excès de graisse pour le ramener vers le foie, où il sera éliminé. 

Taux idéal : Plus de 0,40 g/L pour les hommes et plus de 0,45 g/L pour les femmes. Un taux supérieur à 0,60 g/L assure un effet protecteur sur le système cardiovasculaire.
En revanche, en deçà de 0,35 g/L, le risque cardiovasculaire est accru.

 

Le cholestérol LDL ou « mauvais cholestérol »

Le LDL (low-density lipoprotein) est qualifié de « mauvais cholestérol » car il s’accumule sur les parois des artères. Ces dépôts forment des plaques d’athérome, qui rétrécissent progressivement les vaisseaux et augmentent le risque d’accident cardiovasculaire.

Les seuils à connaître pour le LDL :

  • Sans facteur de risque : taux à maintenir sous 1,6 g/L
  • Avec facteurs de risque : taux à maintenir sous 1,3 g/L ou 1,4 g/L (selon le sexe et les antécédents).
  • Antécédents cardiovasculaires : taux à maintenir sous 1 g/L, voire 0,7 g/L

Plus le risque cardiovasculaire global est élevé, plus le seuil cible de LDL est bas. C’est la règle d’or de la prise en charge des dyslipidémies.

 

 

Le calcul du cholestérol total

Le cholestérol total, ou cholestérolémie totale, correspond à la somme du cholestérol HDL, du cholestérol LDL et d’environ un cinquième du taux de triglycérides présents dans le sang  : cholestérol total = LDL + HDL + (triglycérides ÷ 5)

Les repères principaux :

  • Valeur de référence : inférieure à 2 g/L
  • Hypercholestérolémie modérée : entre 2 et 2,5 g/L
  • Hypercholestérolémie sévère : au-delà de 2,5 g/L

Le cholestérol total seul n’est pas suffisant pour évaluer le risque cardiovasculaire. Le rapport entre HDL et LDL importe davantage : un cholestérol total à 2,2 g/L avec un HDL élevé est moins préoccupant qu’un total à 1,9 g/L avec un HDL bas.

 

Valeurs cibles d’un bilan lipidique après 60 ans

L’interprétation de ces taux s’effectue de manière strictement individuelle par un médecin. Le professionnel de santé personnalise ces objectifs selon les antécédents du patient (diabète, hypertension, tabagisme).

Voici les recommandations de référence pour les seniors :

Indicateur Valeur Homme +60 ans Valeur Femme +60 ans Objectif santé
Cholestérol Total  < 2,00 g/L < 2,10 g/L  À surveiller selon l’âge
LDL (Mauvais) < 1,30 g/L < 1,40 g/L Le plus bas possible
HDL (Bon) > 0,40 g/L > 0,45 g/L Le plus haut possible
Triglycérides < 1,50 g/L < 1,50 g/L  À maîtriser (prévention métabolique)

Quels sont les symptômes d'un cholestérol élevé ?

L’hypercholestérolémie est une pathologie silencieuse. Un taux élevé ne se manifeste par aucun symptôme direct. Beaucoup de personnes apprennent leur excès de cholestérol lors d’une prise de sang de routine, parfois plusieurs années après l’apparition du déséquilibre.

Cependant, certains signes liés à une mauvaise circulation sanguine doivent vous alerter :

  • Douleurs inexpliquées dans les mollets à la marche (claudication intermittente),
  • Sensation d’oppression thoracique ou douleur derrière le sternum.
  • Sensations de froid permanent aux mains et aux pieds,
  • Vertiges, troubles de la vue ou difficultés d’élocution passagères,
  • Fatigue inhabituelle, essoufflement à l’effort, palpitations,
  • Xanthélasmas : petits dépôts jaunâtres sur les paupières, signe spécifique d’hypercholestérolémie

 

💡 Conseil : Si vous ressentez l’un de ces symptômes, consultez rapidement votre médecin traitant pour réaliser un bilan complet.

Quelles sont les causes de l’excès de cholestérol ?

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi le taux de cholestérol a tendance à grimper avec l’âge.

Cette hausse résulte le plus souvent d’une combinaison entre le vieillissement naturel de l’organisme, les habitudes de vie et, dans certains cas, le patrimoine génétique.

 

L’hygiène de vie et l’alimentation

Le mode de vie est le premier facteur d’augmentation du cholestérol. Sédentarité, tabagisme, stress chronique, surpoids et abus d’alcool dégradent à la fois le HDL et le LDL.

L’alimentation joue un rôle direct. Certains aliments font monter le mauvais cholestérol :

  • Les produits laitiers entiers : Fromages gras, beurre, crème fraîche, lait entier.
  • Les viandes grasses et transformées : Charcuterie, saucisses, foie gras, pâtés.
  • Fritures et plats industriels riches en graisses saturées ou contenant de l’huile de palme.
  • Pâtisseries, viennoiseries et biscuits du commerce.
  • Certains produits d’origine animale : Le jaune d’œuf et certains fruits de mer (crevettes, crabes) doivent être consommés avec modération.

 

Vieillissement et cholestérol

Avec l’avancée en âge, l’organisme métabolise les graisses de manière moins optimale. Les substances lipidiques ont tendance à s’accumuler plus facilement dans les artères, tandis que le foie perd progressivement sa capacité à les dégrader et à les éliminer.

Le poids et le sexe influencent également le taux. Les hommes présentent un risque d’hypercholestérolémie plus précoce que les femmes, qui se rapprochent du risque masculin après la ménopause.

Les recommandations de dépistage selon l’âge :

  • Premier bilan à 20 ans puis tous les 5 ans si normal,
  • À partir de 50 ans (femmes) ou 40 ans (hommes) : un bilan tous les 1 à 3 ans
  • Après 60 ans : un bilan lipidique annuel recommandé

 

💡 Bon à savoir : le diabète et l’hypertension artérielle aggravent l’hypercholestérolémie. Ils augmentent le LDL et diminuent le HDL, multipliant le risque cardiovasculaire global.

 

Le facteur héréditaire

Le cholestérol peut être d’origine génétique. Si l’un des deux parents souffre d’une hypercholestérolémie familiale, le risque de transmission à l’enfant est d’environ 50 %. En France, environ 1 naissance sur 500 est concernée par cette forme héréditaire.

Plus rarement, lorsque les deux parents sont atteints, l’enfant peut hériter d’une hypercholestérolémie homozygote. Le taux peut alors dépasser 6 g/L dès la naissance, avec des conséquences cardiovasculaires précoces, parfois dès l’âge de 10 ans. Un dépistage familial est recommandé en cas d’antécédent.

Sans aller jusqu’à ces extrêmes, il est essentiel de communiquer ses antécédents familiaux à son médecin traitant.

 

Les conséquences d’un excès de cholestérol

Un excès prolongé de LDL entraîne la formation de plaques d’athérome sur les parois des artères. Ces plaques rétrécissent le calibre des vaisseaux et limitent la circulation sanguine.

Les principales complications d’une hypercholestérolémie non traitée :

  • Infarctus du myocarde : obstruction d’une artère coronaire
  • AVC ischémique : obstruction d’une artère cérébrale
  • Artériopathie des membres inférieurs : douleurs à la marche, ulcères, gangrène dans les cas avancés
  • Angine de poitrine : douleur thoracique à l’effort
  • Anévrisme de l’aorte : dilatation pathologique de la principale artère

 

Selon Santé publique France, les maladies cardiovasculaires liées à l’athérosclérose figurent parmi les premières causes de mortalité en France. La maîtrise du cholestérol est l’un des leviers les plus efficaces pour les prévenir.

Comment faire baisser le cholestérol ?

Réduire son cholestérol passe d’abord par l’hygiène de vie. Plusieurs études ont montré qu’une alimentation adaptée et une activité physique régulière peuvent suffire à normaliser un taux modérément élevé, sans recours immédiat aux médicaments.

 

Les aliments anti cholestérol

Plusieurs catégories d’aliments contribuent à faire baisser naturellement le LDL et à augmenter le HDL. Ils doivent être privilégiés au quotidien.

Les aliments à consommer sans modération :

  • Légumes verts et crudités : riches en fibres et antioxydants
  • Légumineuses : lentilles, pois chiches, haricots blancs
  • Yaourts nature 0 % et tisanes sans sucre

Les aliments véritablement anti-cholestérol, à intégrer régulièrement :

  • Amandes, noix et fruits à coque : riches en oméga-3 et stérols végétaux
  • Avocat : source de graisses mono-insaturées
  • Pommes, agrumes et baies : riches en pectine et polyphénols
  • Poissons gras : sardine, maquereau, saumon, hareng (2 à 3 fois par semaine)
  • Huile d’olive et huile de colza pour l’assaisonnement

Les fibres solubles et les oméga-3 sont les meilleurs alliés d’un régime anti-cholestérol. Les fibres solubles se lient au cholestérol dans l’intestin et réduisent son absorption, les oméga-3 améliorent le profil lipidique global.

 

Limiter certains aliments

Certains aliments doivent être consommés avec prudence et en petites quantités. Il ne s’agit pas de les supprimer, mais de réduire leur fréquence et leur portion.

  • Œufs : 2 à 4 par semaine maximum
  • Fromages et laitages entiers : remplacer par des versions allégées
  • Sucres ajoutés et boissons sucrées
  • Charcuterie et plats en sauce : à réserver à un repas occasionnel
  • Fritures, viennoiseries et alcool : consommation exceptionnelle

 

Pratiquer une activité physique

L’activité physique régulière augmente le HDL de 5 à 15% en moyenne par rapport à une personne sédentaire. Elle agit aussi sur le poids, la tension artérielle et la sensibilité à l’insuline — autant de facteurs de risque cardiovasculaire associés.

Les activités les plus adaptées aux seniors :

  • Marche rapide : 30 minutes par jour, 5 jours par semaine
  • Aquagym et natation : doux pour les articulations
  • Vélo et vélo d’appartement : excellent pour le cardio
  • Gymnastique douce, yoga, Pilates : pour la souplesse et l’équilibre

Les effets sur le taux de cholestérol deviennent mesurables après environ 3 mois d’activité régulière. La constance compte plus que l’intensité.

 

💡 Bon à savoir : Le métabolisme ayant besoin de temps pour s’adapter, les premiers résultats sur un bilan lipidique sont généralement mesurables après trois mois de pratique assidue.

Quels traitements contre le cholestérol ?

Lorsque le régime alimentaire ne suffit pas, notamment en cas de risques cardiovasculaires avérés, le médecin peut prescrire des médicaments.

 

Les statines, le traitement de référence

C’est la classe de médicaments la plus prescrite en première intention en cas d’hypercholestérolémie persistante.

Les statines agissent directement au niveau du foie en inhibant l’enzyme responsable de la fabrication du cholestérol (la HMG-CoA réductase).

Bien que leur efficacité préventive soit largement démontrée et qu’elles soient généralement bien tolérées, elles requièrent un suivi médical régulier. Ce contrôle permet au médecin d’ajuster la posologie et de prévenir l’apparition d’effets indésirables, les plus fréquents étant d’ordre musculaire (crampes, myalgies, fatigue).

 

Les alternatives thérapeutiques

Si les statines s’avèrent inefficaces, contre-indiquées ou mal tolérées par le patient, le professionnel de santé dispose d’autres solutions hypolipémiantes, prescrites seules ou en association :

  • L’ézétimibe : Ce traitement offre un mécanisme d’action différent en ciblant le système digestif. Il réduit l’absorption intestinale du cholestérol (qu’il provienne de l’alimentation ou de la bile), l’empêchant ainsi de passer dans le sang.
  • Les fibrates : Ils sont généralement privilégiés pour les patients présentant une dyslipidémie mixte, c’est-à-dire lorsque le taux de cholestérol élevé s’accompagne également d’un excès de triglycérides.
  • Les résines (ou colestyramine) : Plus rarement utilisées, elles agissent en captant les acides biliaires dans l’intestin, forçant ainsi le foie à puiser dans ses réserves de cholestérol pour en produire de nouveaux.

Quand faire une analyse de son taux de cholestérol ?

Le dépistage du cholestérol repose sur une analyse de sang à jeun, appelée exploration d’une anomalie lipidique (EAL). Elle mesure le cholestérol total, le HDL, le LDL et les triglycérides.

Les recommandations officielles de dépistage :

  • Hommes à partir de 40 ans : premier bilan lipidique de référence
  • Femmes à partir de 50 ans ou plus tôt en cas de ménopause précoce
  • Toute personne présentant diabète, hypertension, surpoids, antécédent familial ou tabagisme actif, sans condition d’âge
  • Après 60 ans : un bilan lipidique annuel

Le test est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie dans le cadre du suivi médical, sur prescription. Un résultat normal ne dispense pas d’un nouveau contrôle régulier, le taux de cholestérol pouvant évoluer rapidement avec l’âge ou les changements de mode de vie.

Les questions les plus fréquentes

Qu’est-ce qui donne du cholestérol ?

Le cholestérol provient de deux sources. Le foie en fabrique environ 75 % de manière endogène, indépendamment de l’alimentation. Les 25 % restants proviennent des aliments d’origine animale : viandes, charcuteries, produits laitiers entiers, œufs, fritures et viennoiseries. La sédentarité, le tabac, le stress et la prédisposition génétique aggravent ce déséquilibre.

 

Quel est le taux de cholestérol normal ?

Le cholestérol total doit rester inférieur à 2 g/L. Le LDL (mauvais cholestérol) doit se situer sous 1,6 g/L en l’absence de facteur de risque (1,3 g/L avec facteur de risque), et sous 1 g/L en cas d’antécédent cardiovasculaire. Le HDL (bon cholestérol) doit dépasser 0,40 g/L. Les triglycérides doivent rester sous 1,5 g/L.

 

Comment savoir si on a du cholestérol ?

Seule une prise de sang permet de poser le diagnostic, car l’hypercholestérolémie ne provoque aucun symptôme spécifique. L’examen prescrit s’appelle exploration d’une anomalie lipidique (EAL). Il est réalisé à jeun depuis 12 heures et mesure le cholestérol total, le LDL, le HDL et les triglycérides.

 

Quel médicament pour le cholestérol ?

Les statines sont le traitement de référence. Les plus prescrites sont l’atorvastatine, la rosuvastatine, la simvastatine et la pravastatine. En cas d’intolérance, le médecin peut prescrire de l’ézétimibe, des fibrates ou des résines. La prescription dépend toujours du niveau de risque cardiovasculaire évalué par le médecin traitant.

 

Cholestérol total supérieur à 2, que faire ?

Un cholestérol total au-dessus de 2 g/L nécessite une consultation médicale, mais ne signifie pas systématiquement un traitement médicamenteux. Le médecin évalue le risque cardiovasculaire global et propose en premier lieu une adaptation de l’hygiène de vie : alimentation pauvre en graisses saturées, activité physique régulière, arrêt du tabac. Un contrôle est généralement effectué après 3 à 6 mois avant d’envisager un traitement.

 

À retenir : le cholestérol est un facteur de risque cardiovasculaire silencieux, modifiable dans la majorité des cas par l’alimentation et l’activité physique. Un bilan lipidique régulier après 40 ans (hommes) ou 50 ans (femmes) reste le meilleur moyen de détecter une anomalie avant qu’elle ne devienne dangereuse.

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