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Rédaction : Carole Carries - Mise à jour : 07 août 2020 à 15h53

Qu’est-ce que l’ostéoporose ?

L’ostéoporose est une affection du squelette qui se caractérise par une diminution de la densité osseuse ainsi qu’une modification de sa structure. Les os se fragilisent et sont plus exposés au risque de fracture. Si la pathologie touche deux à trois fois plus de femmes, les hommes ne sont pas épargnés. En effet, au cours de leur vie, une femme sur trois, plus particulièrement après la ménopause, et un homme sur cinq, sont touchés par une fracture ostéoporotique. Selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), chaque année, 400 000 nouvelles fractures des vertèbres, de la hanche ou encore des poignets sont liées à cette maladie chronique.

En France, 3 millions de femmes et près d’1,5 million d’hommes sont concernés par l’ostéoporose. Véritable problème de santé publique, cette pathologie invalidante, très souvent dépistée sur le tard, peut se révéler lourde de conséquences. Un traitement adapté, combiné à des mesures hygiéno-diététiques, peuvent cependant prévenir son apparition et ralentir sa progression.

Les différents types d’ostéoporose

On distingue plusieurs formes d’ostéoporose. La forme primitive qui survient spontanément chez des femmes post-ménopausées et les hommes âgés, l’ostéoporose secondaire, provoquée par certaines affections ou un traitement, et l’ostéoporose idiopathique, forme rare de la maladie dont les causes demeurent pour l’heure inconnues.

  • L’ostéoporose primitive : Liée à l’âge et au sexe, elle constitue la forme la plus fréquente avec plus de 95 % des cas chez les femmes et environ 80 % chez les hommes. La masse osseuse varie avec l’âge et évolue au cours de la vie. Elle croît au cours de l’enfance et se développe plus spécifiquement à l’adolescence, pour atteindre son maximum entre l’âge de 20 et 25 ans chez la femme et entre 25 et 30 ans chez l’homme. Cette densité se stabilise ensuite pendant une dizaine d’années avant de se dégrader lentement à partir de 35 ans. Si la perte est lente et régulière chez l’homme, chez la femme, elle s’accélère après la ménopause, en raison de la baisse des hormones (œstrogènes). Au cours de cette période, les sujets féminins peuvent perdre de 30 et 50 % de leur masse osseuse. Vers l’âge de 65-70 ans, la perte est quasi identique pour les deux sexes.
  • L’ostéoporose secondaire : Plus rare, cette forme survient à la suite d’une maladie ou d’un traitement médical. Elle représente moins de 5 % de cas chez les femmes et environ 20 % chez les hommes. Parmi les pathologies et affections sources, on retrouve les troubles hormonaux (hyperthyroïdie, maladie de Cushing…), l’insuffisance rénale chronique, les maladies chroniques telle que la polyarthrite rhumatoïde ou le diabète sucré, les tumeurs cancéreuses ou encore un taux élevé de prolactine. Les médicaments anticonvulsivants, la progestérone, les corticoïdes, les doses trop élevées d’hormones thyroïdiennes, les anti-inflammatoires administrés pour le traitement de l’asthme et certaines chimiothérapies peuvent également conduire, à long terme, à une ostéoporose secondaire.
  • L’ostéoporose idiopathique : Également qualifiée d’ostéoporose juvénile, cette forme très rare d’ostéoporose primitive touche les individus jeunes, et peut parfois se retrouver chez l’enfant ou l’adolescent sans que les causes n’en soient identifiées.

Les symptômes de l’ostéoporose

Surnommée la « voleuse silencieuse », l’ostéoporose est particulièrement difficile à identifier car elle ne provoque généralement aucune manifestation ni aucune douleur. Pendant de longues années, la maladie peut ainsi évoluer insidieusement, sans être diagnostiquée, et ce n’est que bien plus tard, qu’apparaissent généralement les premières conséquences, à l’occasion d’une fracture de fragilité.

 

Une maladie asymptomatique

Il arrive fréquemment que les symptômes de l’ostéporose se manifestent sous la forme d’une fracture spontanée du poignet, du col du fémur ou des vertèbres. Un traumatisme léger, une chute de sa hauteur, parfois même le simple fait de tousser, peuvent en effet provoquer spontanément la cassure d’un os. D’autres signes peuvent toutefois alerter. Des douleurs dorsales, lombaires ou cervicales, une diminution progressive de la taille de plus de 4 cm liée au tassement vertébral ou encore une déformation vertébrale (cyphose dorsale) sont symptomatiques de la maladie.

 

Le diagnostic de l’ostéoporose

Le diagnostic de l’ostéoporose implique au préalable un interrogatoire approfondi du patient et de ses antécédents familiaux et médicaux afin d’évaluer les facteurs de risque (hérédité, maladie associée…). On réalise ensuite un examen spécifique, l’ostéodensitométrie, afin de confirmer ou d’infirmer la suspicion de la pathologie. Son analyse permet d’identifier le risque de fragilité osseuse ainsi que la nécessité de mettre en place ou non un traitement adapté et des mesures de prévention.

Simple et indolore, cet examen radiologique vise à mesurer la Densité Minérale Osseuse (DMO), soit la masse de calcium dans l’os. Aucune préparation spécifique n’est nécessaire. Il suffit de rester immobile quelques instants sur une table d’examen pendant que le densitomètre balaye le corps à l’aide d’une radiation très faible. Trois zones du corps sont généralement sondées, les vertèbres lombaires ainsi que chaque hanche. Les résultats sont remis au patient à la fin de l’examen. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a fixé des critères précis concernant leur interprétation. En cas de perte osseuse comprise entre 10 et 25 %, on considère qu’il y a ostéopénie, soit une perte osseuse bénigne, en revanche, si la mesure dépasse les 25 %, le diagnostic d’ostéoporose est posé.

Nécessitant une prescription médicale, l’examen est pris en charge par la Sécurité sociale à hauteur de 70 % sur la base d’un tarif fixé à 39,96 €.

 

Les complications de l’ostéoporose

Avec l’avancée en âge, le risque de complications augmente. Si le principal danger de l’ostéoporose demeure la fracture, d’autres complications peuvent survenir et impacter lourdement la santé ainsi que la qualité de vie du patient.

Perte d’autonomie et de mobilité

Chaque année, de nombreuses personnes, dont la moitié ont plus de 80 ans, sont hospitalisées pour une fracture de la hanche ou du col du fémur suite à une chute. L’intervention chirurgicale, et dans certains cas, la pose d’une prothèse, entraînent parfois des complications post-opératoires ou liées à un alitement prolongé (phlébite, infection, escarre…). L’immobilisation varie d’une semaine à deux mois. Malheureusement, certains patients ne récupèrent pas toute leur mobilité et perdent en autonomie.

Complications traumatiques et psychologiques

Après une fracture, la peur de tomber à nouveau peut provoquer chez certaines personne âgée une grande anxiété et conduire à la crainte persistante d’une nouvelle chute. Le sujet a alors tendance limiter ses déplacements, ce qui peut entraîner des troubles de la posture ainsi qu’une plus grande difficulté à se déplacer. Le senior peut alors éprouver une perte de confiance en ses capacités, un sentiment de perte de son autonomie, un manque de motivation, le tout conduisant parfois à l’isolement et à la dépression.

Douleurs aiguës ou chroniques

L’ostéoporose peut également occasionner des maux de dos chroniques extrêmement invalidants. Au quotidien, lors des activités journalières, un mouvement léger, une simple toux, un éternuement ou même un éclat de rire peuvent aggraver cette douleur osseuse.

Les causes et facteurs de risque

La première cause de l’ostéoporose est le vieillissement naturel de l’organisme. Cependant plusieurs facteurs et antécédents augmentent le risque de développer la maladie.

 

Les facteurs de risque de l’ostéoporose

  • L’âge et le sexe : Dès 50 ans chez la femme et à partir de 70 ans chez l’homme, la perte de masse osseuse s’accélère. Plus exposées en raison de la ménopause et de leur meilleure espérance de vie, l’ostéoporose touche 39 % des femmes de 65 ans ainsi qu’une femme sur deux à partir de 75 ans.
  • La sédentarité et le manque d’activité physique ainsi qu’une immobilisation prolongée augmentent son risque.
  • Une minceur excessive, voire une anorexie, entraînent une carence des apports en calcium et donc le risque de développer la maladie.
  • L’hérédité avec des antécédents familiaux d’ostéoporose et/ou de fractures chez les parents doivent être pris en compte.
  • Une ménopause précoce, déclarée avant l’âge de 45 ans, a tendance à fragiliser la structure osseuse.
  • Une aménorrhée (absence de règles) et une carence en œstrogènes sont responsables d’une fragilité osseuse durable.
  • Un traitement de corticoïdes à haute dose pendant trois mois consécutifs au moins se révèle néfaste pour les os.
  • Certaines affections telles que l’hyperthyroïdie lorsqu’elle n’est pas traitée, le diabète, certains troubles hormonaux, les maladies digestives (pancréatites, cirrhoses…) ou encore les rhumatismes inflammatoires peuvent augmenter le risque d’ostéoporose.
  • Une carence en calcium et en vitamine D accroît le risque.
  • Une consommation excessive de tabac, d’alcool ou de caféine est fortement déconseillée.
  • L’origine ethnique : Les personnes de type européen ou asiatique possèdent généralement une densité osseuse plus faible que les individus à peau noire.

 

Les facteurs de risques de fractures

Un antécédent de fracture ostéoporotique augmente de deux à cinq fois le risque de survenue d’une nouvelle fracture. Et cette augmentation est proportionnelle au nombre initial de fractures ainsi qu’à leur ancienneté. En cas de cassure récente d’un os, le risque de récidive est ainsi beaucoup plus important dans les deux à trois ans suivant la première fracture, avant de s’atténuer progressivement au fil du temps.

Autre facteur de risque majeur à l’origine de nombreuses fractures : les chutes. Plus la personne vieillit, plus le risque de survenue d’une fracture ostéoporotique augmente. On estime ainsi à 50 000 le nombre de fractures du col du fémur chaque année en France dont 70 à 90 % sont liées à l’ostéoporose. Parmi les facteurs associés aux chutes des personnes âgées, on peut citer les troubles de l’équilibre et de la marche, une faiblesse musculaire des membres inférieurs, les troubles visuels ou auditifs, les troubles cognitifs, l’utilisation de médicaments psychotropes ou encore une dépression et/ou de l’anxiété. L’aménagement de l’habitat joue un rôle prépondérant dans la prévention de ces chutes. Certaines pièces doivent ainsi être adaptées et certains équipements repensés : salle de bain, escalier, éclairage, tapis…

Comment prévenir l’ostéoporose ?

Afin de limiter le risque d’ostéoporose, le meilleur remède demeure la prévention et ce, dès l’enfance, période où la masse osseuse se constitue. Cette prévention repose avant tout sur des règles d’hygiène de vie et des mesures permettant d’éviter les chutes. D’une manière générale, adopter une alimentation saine et équilibrée, pratiquer une activité sportive, limiter sa consommation de tabac et d’alcool et repenser l’aménagement de son domicile constituent les grands principes pour prévenir la maladie. Plus tôt les règles hygiéno-diététiques sont adoptées, meilleurs sont les résultats.

 

Le calcium

Les os du squelette sont constitués de protéines et de minéraux, essentiellement du calcium. L’apport recommandé en calcium après la ménopause varie entre 700 et 1 200 mg/jour. Il est donc indispensable pour construire et préserver son capital osseux, de veiller à un apport suffisant en calcium. Voici les aliments à privilégier afin de prévenir et de lutter contre l’ostéoporose :

  • Les produits laitiers non pasteurisés (lait de chèvre ou brebis, yaourts, fromage cru…),
  • Les fruits et légumes (brocoli, cresson, chou frisé, épinards, oranges, mandarines, kiwi…),
  • Les poissons gras et fruits de mer (saumon, maquereau, sardines, anchois, crevettes…). Consommés trois fois par semaine, ils augmentent la densité osseuse,
  • Les oléagineux (amandes, noix, noisettes, graine de lin, sésame…) sources de calcium, de protéines et d’oméga 3,
  • Les protéines végétales ou les légumineuses (produits à base de tofu, lentilles, haricots sec, pois secs, quinoa, sarrasin…),
  • Les protéines animales (œufs, poulet…),
  • Les eaux minérales riches en calcium.

Certains aliments comme la viande rouge ou la charcuterie sont, quant à eux, à éviter car ils exercent un effet acidifiant sur l’organisme. Le sel, l’alcool, le tabac, les boissons sucrées et la caféine sont également à proscrire en cas d’ostéoporose.

 

La vitamine D

Particulièrement riche, la vitamine D est essentielle pour nos os. Cette vitamine agit au niveau des intestins et des reins en absorbant le calcium pour permettre sa fixation sur les os. Elle joue par ailleurs un rôle dans la force musculaire et donc dans la prévention des chutes et fractures. On la trouve dans certains aliments (huile de foie de morue, poissons gras, foie de veau, huile enrichie en vitamine D, hareng fumé ou grillé, beurre, fromages…). Elle est également produite par le corps grâce à l’action du soleil. Il est ainsi recommandé de s’exposer dix à quinze minutes chaque jour (bras et jambes découvertes) pour en compléter les apports.

 

Pratiquer une activité sportive

La pratique d’une activité physique régulière stimule la formation osseuse, améliore la posture et la mobilité et aide à développer l’équilibre et la souplesse. Chez une femme ménopausée, l’exercice ralentit la perte de la masse osseuse, et chez une personne âgée, il permet d’entretenir la musculature, diminuant ainsi le risque de chute et de fracture.

Un entraînement modéré mais régulier, d’au moins trente minutes de marche par jour, trois à quatre fois par semaine, est suffisant.

 

Prévenir les chutes

La rééducation occupe une place essentielle dans le traitement curatif des fractures ostéoporotiques, mais aussi dans leur prévention. Elle comprend de la kinésithérapie, dont l’objectif est de contribuer à réduire la fréquence et la gravité des chutes, en améliorant l’équilibre, la coordination et la stabilité du patient. Elle permet également de lui enseigner des techniques pour se relever de façon autonome en toute sécurité.

L’aménagement du domicile et la prise de quelques précautions de base sont également nécessaires pour réduire le risque de chutes : augmenter l’éclairage, porter des lunettes adaptées, retirer les tapis, se chausser confortablement et sans talons, utiliser une canne pour se déplacer, installer des rampes et des barres maintien dans les zones à risque, remplacer la baignoire par une douche sécurisée, être attentif en cas de prise de médicaments favorisant l’endormissement et la baisse de vigilance…

Les traitements médicamenteux de l’ostéoporose

Le traitement médical de l’ostéoporose s’appuie sur des médicaments adaptés aux facteurs de risque du patient. Si aucun traitement ne permet de juguler la progression de la pathologie, plusieurs médicaments anti-ostéoporotiques aident, soit à ralentir la dégradation des os, soit à en stimuler la formation. D’autres traitements permettent d’agir sur les deux plans.

En complément des traitements classiques, certaines médecines douces offrent des solutions naturelles pour aider à traiter cette maladie chronique.

 

Les médicaments prévenant la perte osseuse

  • Les biphosphonates : Complétant l’action des hormones, ce type de traitement permet de diminuer la perte de masse osseuse. Le médicament agit en se fixant dans les os afin d’empêcher leur destruction. Les biphosphonates sont notamment capables de réduire le risque de fracture vertébrale et de la hanche. Ils peuvent être administrés sous forme de comprimés, par injection ou par perfusion.
  • Le denosumab : Ce médicament permet de lutter contre la déminéralisation en bloquant la formation et l’activation des ostéoclastes, ces cellules responsables de la destruction de l’os. Le traitement réduit le risque de fracture des vertèbres et de la hanche. Il est administré par injection sous-cutanée tous les six mois.
  • Le raloxifène : Solution de substitution aux traitements hormonaux, ce médicament joue un rôle protecteur en reproduisant les effets bénéfiques des œstrogènes sur les os. Appartenant à la famille des modulateurs sélectifs des récepteurs œstrogéniques (SERM), il diminue le risque de fractures des vertèbres.
  • Le traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS) : Il s’agit d’une alternative pour la prévention et/ou le traitement de l’ostéoporose. À la ménopause, l’os perd de sa substance osseuse et devient poreux. Permettant d’atténuer la déminéralisation osseuse, ce traitement hormonal réduit le risque de fracture du col du fémur de 33 %, des vertèbres de 35 % et des poignets de 29 %. Il est prescrit chez les femmes ménopausées souffrant d’ostéoporose lorsque les autres traitements ne peuvent être utilisés, et en l’absence de contre-indications.

 

Les médicaments stimulant la formation osseuse

Le tériparatide est un dérivé de l’hormone parathyroïdienne qui stimule l’activité des cellules responsables de la formation du tissu osseux. Ce traitement est utilisé pour traiter les cas graves d’ostéoporose de femmes ménopausées mais soigne également l’ostéoporose touchant les hommes. Ce médicament est injecté quotidiennement par voie sous-cutanée.

 

Les médicaments augmentant la formation osseuse et limitant la résorption

Le ranélate de strontium stimule la formation des os en même temps qu’il diminue la perte osseuse. Après trois ans de traitement, il renforce nettement la microarchitecture osseuse des femmes ménopausées et réduit de 45 % le risque de première fracture vertébrale. Chez les femmes âgées de plus de 80 ans, le traitement diminue de 32 % le risque de fracture vertébrale, du poignet et du fémur.

 

Les traitements naturels de l’ostéoporose

En complément des traitements classiques, certaines médecines douces offrent des solutions naturelles pour aider à traiter l’ostéoporose, soulager les douleurs et limiter le risque de fracture. Parmi elles, on peut citer la phytothérapie, qui traite par les plantes médicinales, l’aromathérapie, qui use des huiles essentielles, la gemmothérapie, qui utilise les bourgeons et jeunes pousses de plante, la luminothérapie ou thérapie par la lumière, qui aide à l’absorption du calcium ainsi que l’homéopathie.

À noter : Pour être efficace, le traitement de l’ostéoporose doit être pris régulièrement et sur le long terme. La durée optimale varie d’un patient à l’autre en fonction notamment de son âge, de ses antécédents de fractures, de sa densité minérale osseuse et de sa tolérance. Même si le traitement médicamenteux de l’ostéoporose repose essentiellement sur la stabilisation de la perte de densité osseuse, il doit toujours être associé à un apport en vitamines et minéraux.

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