0 805 543 098Service & appel gratuits

A A A
MENU
Santé & Vie pratique

Fracture du col du fémur : causes, risques et traitements

Rédaction : Sophie Dolleans - Mise à jour : 09 septembre 2022 à 11h20
4.4 (45) - Temps de lecture estimé à : 5 minutes
Fracture du col du fémur

Véritable problème de santé publique, la fracture du col du fémur donnait déjà lieu à plus de 75 000 hospitalisations en 2014. Leur incidence a doublé entre 1980 et 2000 et les études estiment qu’en 2050, avec l’accroissement du vieillissement de la population française, ce sont 150 000 personnes par an qui pourraient être touchées. Cette blessure touche 3 fois plus les femmes que les hommes et augmente de manière exponentielle avec l’avancée en âge.

Quelles sont les causes de cette fracture ? Comment la prévenir et la traiter ?

 

Col du fémur cassé : définition et causes

Os le plus long de la cuisse, le fémur dispose d’une jonction étroite reliant la tête du fémur au trochanter. Située dans le bassin, cette région étroite appelée col du fémur est fréquemment sujette à fracture chez les personnes âgées.

2 types de fractures spécifiques surviennent dans cette zone :

  • La fracture du col du fémur ou la fracture cervicale qui survient au niveau de la partie la plus étroite, le col.
  • La fracture trochantérienne correspondant à une cassure du trochanter.

En traumatologie, la fracture du col du fémur représente l’une des trois fractures les plus courantes. C’est la seconde cause d’hospitalisation (75 000 cas en 2014) chez les sujets dont l’âge moyen se situe autour de 75 ans et dont la prévalence explose avec l’avancée en âge.

En cause chez les seniors, d’une part l’ostéoporose (déminéralisation osseuse provoquant des fractures spontanées) qui se manifeste chez la femme après la ménopause, et d’autre part, les chutes, à corréler avec une perte d’autonomie, le vieillissement, l’isolement social et/ou des antécédents de fractures.

 

Comment prévenir la fracture du col du fémur chez les personnes âgées?

Chez les femmes, la prévention des fractures passe notamment par le traitement de l’ostéoporose. Des études ont démontré qu’un apport en calcium ainsi que la prise prolongée d’œstrogènes diminuait de manière significative les fractures de l’extrémité supérieure du fémur. Des compléments en vitamine D sont également préconisés.

Chez tous, la prévention des chutes s’avère primordiale. Elle requiert à la fois une alimentation équilibrée permettant de maintenir un poids de forme, ainsi que la pratique d’une activité physique adaptée (marche, gym douce, yoga, natation…) qui permet de contrebalancer la perte musculaire induite par le vieillissement.

Aménager et adapter les logements au vieillissement constitue également un enjeu essentiel. Il peut s’agir d’interventions simples : réaménager les circulations, poser une main courante, retirer les tapis, améliorer l’éclairage, installer une chambre en rez-de-chaussée… ou d’interventions plus lourdes, à savoir, installer des équipements pour optimiser l’accessibilité et la sécurité de la personne âgée (retirer une baignoire pour la remplacer par une douche senior, poser des volets roulants électriques, installer un monte-escalier…).

 

Comment guérir d’une fracture du col du fémur ?

Après avoir diagnostiqué le type de fracture du fémur grâce à une radio, le traitement, généralement chirurgical, offre 2 options :

  • L’ostéosynthèse consiste à poser des vis ou des plaques pour stabiliser et consolider la fracture.
  • La pose d’une prothèse de hanche totale ou partielle est la solution la plus pratiquée pour les personnes âgées car les os d’un senior se réparent moins vite que ceux d’un sujet plus jeune.

La durée d’hospitalisation est d’environ 10 jours et nécessite un temps de rééducation à la marche. Pour une pose de prothèse, la reprise de la marche est généralement immédiate avec l’aide de béquilles pendant au moins 1 mois. En cas d’ostéosynthèse, la position debout avec appui est plus progressive et la marche possible au bout de 6 semaines.

Dans les deux cas, un séjour dans une maison de repos ou un centre de rééducation est proposé pour renforcer le tonus musculaire et l’amplitude articulaire.

Le temps de convalescence dépend de l’état de santé initiale du patient et de son âge. Pour un rétablissement complet, il faut compter 3 à 6 mois après l’opération. 20 à 60 % des patients retrouvent en 1 an leur niveau d’autonomie antérieur à la fracture du col du fémur.

 

Quelle espérance de vie après une fracture du col du fémur ?

Avec 15 à 58 % de décès l’année suivant l’opération, le taux de mortalité est tout de même élevé. On note que les hommes sont plus souvent victime alors même que les femmes soient plus touchées par ce type de fracture.

Cette prévalence des décès est associée à la décompensation de pathologies préexistantes et à l’alitement prolongé, dont les principaux facteurs de risques sont : un âge supérieur à 90 ans, une faible autonomie du patient (notamment lorsqu'il est hébergé en EHPAD), des infections respiratoires (9 %), des défaillances cardiovasculaires (5 %), des escarres ou une dénutrition préopératoire.

Cependant, en l’absence de toute complication médicale, une rééducation bien menée permet au patient de retrouver une bonne autonomie. Il n’est toutefois pas rare que la marche s’accompagne ensuite d’une aide technique (canne, déambulateur…) de la mise en place d’adaptation du logement et du recours à un service d’aide à domicile (aide ménagère, aide à la toilette, téléalarme…).

Cet article vous a-t-il été utile ?

4.4/5 - (45 avis)

Suivez-nous :-)