Canicule 2026 : le plan du gouvernement pour adapter les logements aux fortes chaleurs
📌 En résumé
Le 17 juin 2026, Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, a dévoilé un plan « endurance » pour protéger les logements des fortes chaleurs : TVA réduite sur les pompes à chaleur air-air, vote facilité des travaux en copropriété et confort d'été intégré aux rénovations.
La Fondation pour le logement juge ces mesures insuffisantes et réclame l'installation en urgence de volets et de brasseurs d'air. Les quartiers populaires souvent mal isolés restent les plus exposés à la précarité énergétique estivale.
Le 19 juin 2026, 53 départements ont été placés en vigilance orange canicule, avec des pointes attendues jusqu'à 40 °C. La France traverse déjà sa deuxième vague de chaleur et ce, avant même le début de l'été. Face à ces vagues de chaleur, l'adaptation des logements s'impose comme une urgence sanitaire et sociale. C’est dans ce contexte que le gouvernement a dévoilé un plan « endurance » pour accélérer la mise aux normes des habitations.
Mais ces annonces sont-elles à la hauteur d'un défi où un peu plus d'un logement sur trois se transforme déjà en « bouilloire thermique » pendant l’été ?
Les mesures du gouvernement pour lutter contre la canicule
« Le mur devant nous est considérable. Un peu plus d'un logement sur trois s'apparente à une bouilloire thermique. La canicule n'est pas une question météorologique ou climatique, c'est désormais une question de justice sociale », a déclaré Vincent Jeanbrun lors d'un point presse le 17 juin. Ces annonces accompagnent le premier bilan du plan national d'adaptation au changement climatique qui prépare la France à un réchauffement pouvant atteindre 4 °C d'ici à 2100.
Plusieurs leviers ont été présentés pour faciliter et financer les travaux d'adaptation aux fortes températures :
- Travaux en copropriété : un amendement permettra de voter à la majorité simple les rénovations d'ampleur, avec un prêt collectif pour financer stores, volets et brasseurs d'air.
- Pompes à chaleur air-air : la TVA passe à 5,5%, contre 20% aujourd'hui pour la pose et 10% pour l'équipement.
- MaPrimeRenov' : l'installation de protections solaires et de brasseurs d'air est éligible dans les rénovations d'ampleur du parc résidentiel privé.
- Logement social : recensement des fragilités et intégration du confort d'été dans les rénovations financées par un prêt de la Caisse des dépôts.
Le ministre a également annoncé la révision de l'indicateur de confort d'été pour les logements neufs, attendue par décret avant le 1er janvier 2027, ainsi qu'un objectif de doubler la capacité des réseaux de froid (infrastructures urbaines qui distribuent du froid à l'échelle d'un quartier pour climatiser collectivement les bâtiments) d'ici à 2030 et de la tripler d'ici à 2040.
Des annonces insuffisantes selon la Fondation pour le logement
La réponse des associations ne s'est pas fait attendre. Manuel Domergue, le directeur des études de la Fondation pour le logement, qualifie le plan du gouvernement de « mesurettes cosmétiques ». S'il reconnaît des mesures « qui vont dans le bon sens », il déplore le retard accumulé. Selon une étude de la Fondation sur la précarité énergétique d'été, les deux tiers des Français peinent à supporter la chaleur dans leur logement.
Ces inégalités frappent surtout les quartiers populaires. D'après la Fondation, 59 % des habitants des quartiers prioritaires souffrent de la chaleur l'été chez eux, contre 43 % dans le reste de la France. Ils sont plus nombreux à ne trouver aucun endroit frais où se réfugier. En cause : des logements souvent plus petits, suroccupés et mal isolés.
Ces passoires thermiques, peu isolées et coûteuses à chauffer l'hiver, se transforment en fournaises l'été. La Fondation rappelle que 40 % des logements exposés au sud-est ou au sud-ouest n'ont pas de volets, un équipement capable d'abaisser la température intérieure de 5 à 10 degrés. Plutôt qu'un simple recensement, elle plaide pour rénover en urgence et installer dès maintenant volets et brasseurs d'air dans tous les logements concernés.
Face à des canicules appelées à se répéter, l'enjeu dépasse le confort : il devient une question de santé publique pour les plus fragiles, et notamment les personnes âgées.