Entrée en EHPAD : des délais d'attente en baisse, mais de fortes inégalités selon les territoires
📌 En résumé
Trouver une place en établissement pour personnes âgées prend un peu moins de temps qu'auparavant : selon une étude de la DREES publiée en octobre 2026, la moitié des personnes entrées en 2023 ont attendu moins de 27 jours, contre 30 jours en 2019. En EHPAD, ce délai est de 26 jours, mais il varie de 12 jours dans le privé lucratif à 34 jours dans le public, et de 15 jours à près de 90 jours selon les départements.
Pour les familles, l'attente d'une place en établissement pour personnes âgées est souvent vécue dans l'urgence. Bonne nouvelle : selon la DREES, ce délai recule depuis 2015. Cette baisse ne se retrouve toutefois pas partout de la même façon : le statut de l'établissement, le parcours de la personne et son département de résidence influencent fortement le délai d'admission.
Une attente réduite pour obtenir une place en établissement public
Selon la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), le délai médian d'attente pour entrer en établissement pour personnes âgées a baissé de 3 jours entre 2019 et 2023, après un recul de 6 jours entre 2015 et 2019. Le temps d'attente correspond au délai entre l'envoi du dossier d'admission et la date de première entrée dans l'établissement. L'écart reste toutefois important en bout de file : un quart des résidents a patienté plus de 70 jours.
En EHPAD (Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes), la moitié des résidents ont attendu moins de 26 jours en 2023, contre 31 jours en 2015. Mais l'attente varie fortement selon le statut de l'établissement : 12 jours dans les EHPAD privés à but lucratif, contre 34 jours dans les EHPAD publics non hospitaliers. Ces derniers ont néanmoins réduit leur délai de 20 jours depuis 2015.
Les résidences autonomie affichent les attentes les plus longues, avec 48 jours pour la moitié des résidents. Ce délai monte à 58 jours dans les structures publiques, qui représentent les deux tiers de ces établissements.
Des délais très variables d'un département à l'autre
La géographie reste déterminante. En Vendée, le délai médian atteint 87 jours, et 80 jours en Ille-et-Vilaine, contre 15 jours ou moins dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes. La Bretagne, avec 57 jours, est la région métropolitaine où l'attente est la plus longue.
Pour la DREES, ces disparités s'expliquent davantage par l'offre médico-sociale locale (tarifs des établissements, politique de maintien à domicile) que par le nombre de places au regard du nombre de seniors. Le point de départ compte également en EHPAD, la moitié des personnes vivant encore à domicile attendent moins de 28 jours, contre 18 jours pour celles qui sortent d'une unité de court séjour.
Comment réduire le délai d'attente ?
Face à ces écarts, plusieurs leviers permettent aux familles d'anticiper une entrée en établissement et, parfois, de raccourcir le délai d'attente :
- Déposer plusieurs demandes : Le dossier unique d'admission peut être adressé à plusieurs établissements, notamment en ligne via ViaTrajectoire.
- Élargir la zone de recherche : Les délais varient fortement d'un département à l'autre et d'un établissement à l'autre.
- Se faire accompagner : Le médecin traitant, le CCAS ou le conseil départemental peuvent orienter les familles et les aider à constituer le dossier.
- Ne pas miser sur l'hébergement temporaire : D'après la DREES, les établissements ne donnent pas la priorité à leurs résidents temporaires pour l'obtention d'une place permanente.
Ce recul intervient dans un contexte particulier. Selon un rapport du Sénat publié en septembre 2024, le taux d'occupation des EHPAD a chuté avec la crise sanitaire, une baisse aggravée par le scandale des EHPAD privés révélé en janvier 2022 par le livre-enquête Les Fossoyeurs. La DREES ne fait toutefois pas ce lien : la baisse des délais était déjà engagée entre 2015 et 2019.
La tendance de fond, elle, ne s'inverse pas. D'après le Sénat, la population âgée dépendante devrait augmenter d'environ 46 % d'ici 2050 par rapport à 2020, avec une pression particulièrement forte dans les années 2030.