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Santé & Vie pratique

Pénuries de médicaments, un phénomène de plus en plus fréquent

Rédaction : Laurence Frechet - Mise à jour : 13 septembre 2019 à 11h04
Pénurie de médicaments

La France est-elle confrontée à une nouvelle crise de santé publique ? Après des affaires sanitaires comme le scandale du Mediator ou plus récemment l'affaire du Levothyrox, le grand public a découvert que l’usage de certaines thérapeutiques pouvait se révéler à risque. Moins médiatisées mais tout aussi préoccupantes, les pénuries de médicaments, de plus en plus fréquentes, deviennent problématiques, en particulier lorsqu’elles concernent des traitements d’intérêt thérapeutique majeur qui n’ont pas d’alternatives. Quelles sont les causes et les solutions pour faire face à ces ruptures ?

 

Pourquoi des ruptures de stock de médicaments ?

Quasi inexistantes il y a seulement dix ans, les pénuries de médicaments s’avèrent de plus en plus courantes. Traitements cardio-vasculaires, contre l'épilepsie, l’hypertension, la maladie de Parkinson, antibiotiques, corticoïdes, anticancéreux, vaccins… tous les secteurs de la médecine sont touchés. En 2018, 868 signalements de tensions ou de ruptures de médicaments ont été répertoriés par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM). C’est vingt fois plus qu’en 2008. Comment en-est-on arrivé là ?

Avec l’arrivée des pays émergents, le marché mondial s’est trouvé confronté à une forte croissance de la demande en médicaments avec des capacités de production qui n’ont pas suivi. Par ailleurs, jusqu’au début des années 1990, 80 % des matières actives destinées aux Européens étaient fabriquées au sein même de l’Union Européenne. Tombée aujourd’hui dans le domaine public, cette production de principes actifs a été délocalisée en Inde ou en Chine. En cas de malfaçon, le marché européen n’est plus approvisionné, ce qui génère des pénuries temporaires de manière récurrente. Cette fabrication dans des pays à bas coût met également en lumière la logique financière des laboratoires : stocks en flux tendus, restriction à outrance des coûts de production, abandon de la fabrication des génériques jugés peu rentables, approvisionnement prioritaire des pays où les prix de vente sont plus élevés…

 

Quelles solutions pour faire face aux pénuries de médicaments ?

Plusieurs solutions ont été envisagées pour pallier ces pénuries, cependant les mesures contraignantes semblent faire défaut. Un dispositif de prévention des ruptures a été mis en place par le ministère de la santé avec pour but de sécuriser la disponibilité des vaccins et d’obliger les laboratoires à élaborer des Plans de Gestion des Pénuries (PGP). Un suivi régulier des approvisionnements, des stocks et des ventes a été mis en place par les acteurs du marché. Agnès Buzyn a annoncé pour 2019-2022 plusieurs nouvelles mesures afin de renforcer la lutte contre les pénuries : plateforme recensant les ruptures d'approvisionnement, cartographie des sites de production de matières premières et de médicaments, amélioration des procédures d'achat hospitalier, coordination au niveau européen…Mais l’efficacité de ces dispositions s’avère insuffisantes, les pouvoirs publics ayant fait le choix de gérer les pénuries plutôt que de les prévenir.

D’autres vont plus loin. Un collectif de médecins hospitaliers propose ainsi de rapatrier en Europe la production des principes actifs tombés dans le domaine public. D’un coût relativement modeste, cette relocalisation de la fabrication des substances actives ne devrait pas impacter le prix du produit fini de manière significative. Les spécialistes de la santé évoquent également l’obligation, qui devrait être faite aux fabricants, de constituer des stocks de médicaments pour plusieurs mois, plutôt que d’opter pour une production en flux tendu. Enfin la création d’un établissement pharmaceutique à but non lucratif français ou européen permettrait de prévenir les ruptures et deviendrait le garant de la qualité des médicaments avec un prix juste.

 

Que faire en cas de pénurie de votre traitement médical ?

Face à des pénuries de plus en plus fréquentes de médicaments, il est conseillé de se tenir informé de la bonne disponibilité de son traitement. Grâce au dossier pharmaceutique de rupture, votre pharmacien est capable de vous indiquer du caractère temporaire ou non de la rupture de votre thérapeutique. Il vous sera ainsi possible de mieux anticiper un éventuel manque et l’attitude à tenir. Il est également possible de se tourner vers l’Hôpital ou les pays voisins qui disposent parfois de stocks. Il est en revanche fortement déconseillé de se procurer un médicament via internet tant le risque de contrefaçon est important avec des conséquences qui peuvent se révéler désastreuses pour la santé.

En cas de pénurie sur du long terme, un traitement alternatif devra être réfléchi et mis en place. Votre pharmacien ou votre médecin vous aideront à trouver une molécule alternative. La difficulté consistera alors à bien adapter la posologie du nouveau traitement et à éviter les interactions avec vos autres médications. Il convient toutefois de trouver des solutions et de légiférer afin d'anticiper les ruptures plutôt que de les pallier. Rappelons que certains médicaments ne possèdent aucuns traitements de substitution...

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