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Un plan d'action pour les métiers du grand âge

Rédaction : Sylviane Lamant - Mise à jour : 26 novembre 2019 à 10h23
Les métiers du grand âge

L'augmentation de la longévité en France –une très bonne nouvelle en soi– ne peut qu'interpeller les pouvoirs publics. Notre pays compte aujourd'hui 15 millions de seniors dont 8 % sont dépendants (1,2 million) et l'on estime que d'ici à 2025, près d'1,5 million de personnes seront en perte d'autonomie.

Alors que les besoins d'accompagnement de la dépendance souffrent déjà d'une grave désaffection des métiers qui leur sont dédiés, le vieillissement démographique appelle une réponse forte des pouvoirs publics. Revaloriser l'attractivité de ces professions afin d'améliorer les conditions de prise en charge des personnes dépendantes et d'anticiper l'accroissement des besoins dans les prochaines années, tel est l'objet du plan récemment annoncé par la ministre des solidarités et de la santé, s'appuyant sur les conclusions du rapport « Grand âge et autonomie » qui vient de lui être remis.

 

La crise des métiers du grand âge

Parmi les intervenants auprès des personnes en perte d'autonomie, les tensions en matière de recrutement affectent en particulier la profession d'aide-soignant (baisse de 25 % des candidatures au concours en cinq ans), touchant de plein fouet les Établissements d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD). Un établissement sur dix déclare ainsi un poste d'aide-soignant non pourvu depuis au moins six mois. Les métiers d'accompagnants et auxiliaires de vie œuvrant dans le cadre des Services d'Aide et d'Accompagnement à Domicile (SAAD) sont également concernés : un poste sur cinq était vacant en 2018.

Ces tensions préoccupent d'autant plus les pouvoirs publics qu'au vu de la pyramide des âges au sein de ces professions, des départs massifs en retraite vont avoir lieu dans les prochaines années. Leurs effets sur la qualité de l'accompagnement des personnes en perte d'autonomie, la presse se faisant régulièrement l'écho de situations critiques en EHPAD, inquiètent aussi nos concitoyens.

 

Pourquoi de telles difficultés de recrutement ?

Mises en avant par les intéressés eux-mêmes, les raisons en sont bien connues aujourd'hui. Le niveau des rémunérations, aggravé par le recours fréquent au temps partiel, touche plus particulièrement le métier d'accompagnant à domicile : des salaires parfois inférieurs au SMIC dans plusieurs conventions collectives cumulent avec de très faibles perspectives d'évolution.

Temps d'intervention réduit auprès de la personne âgée, manque de personnel qualifié, turn-over élevé qui oblige à former sans cesse de nouveaux collègues, frustration de ne pouvoir remplir sa mission d'accompagnement, de présence et de préservation de l'autonomie des résidents, épuisement... les conditions de travail se sont beaucoup dégradées en EHPAD comme à domicile ; cela se traduit par un sentiment de perte de sens auquel s'ajoute une sinistralité anormale (taux d'accidents du travail trois fois supérieur à la moyenne nationale).

 

Un plan d'action pour relever le défi du grand âge

La revalorisation des métiers du grand âge va constituer un volet de la loi Grand âge et autonomie en préparation au ministère des solidarités et de la santé.

Plusieurs pistes ont d’ores et déjà été annoncées par la ministre et seront soumises à l'ensemble des acteurs impliqués (départements, régions, partenaires sociaux, employeurs, …) dans le cadre d'une conférence nationale :

  • Développement de l'apprentissage (perspective : 10 % des recrutements d'ici 2025),
  • Objectif de 25 % des diplômes délivrés chaque année dans le cadre de la Valorisation des Acquis de l'Expérience (VAE),
  • Suppression du concours d'aide-soignant au profit de la candidature directe via Parcours-sup et, en lien avec les régions, une plus grande accessibilité financière des formations d'aide-soignant,
  • Évolution des rémunérations inférieures au SMIC dans les conventions collectives,
  • Amélioration de la qualité de vie au travail dont l'un des facteurs pourrait être, avec l'augmentation des recrutements, le renforcement des temps collectifs pour rompre avec le sentiment d'isolement des professionnels,
  • Création d'une formation en gérontologie pour tous les métiers auprès des personnes âgées en perte d'autonomie.

Face au défi du grand âge, à présent bien évalué, la société se prépare : au-delà d'un traitement quantitatif, nécessaire, c'est une réponse qualitative qui est attendue par tous, professionnels, familles et seniors.

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