Les 10 habitudes qui favorisent le maintien à domicile après 60 ans
Vieillir chez soi reste le souhait d’une majorité de Français. Selon la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), près de 9 personnes sur 10 déclarent préférer rester à leur domicile en cas de perte d’autonomie, plutôt que d’entrer en établissement spécialisé.
Toutefois, le maintien à domicile ne repose pas uniquement sur la volonté du senior. Il implique l’adoption d’habitudes et de mesures concrètes, mises en place suffisamment tôt pour anticiper et prévenir la perte d’autonomie. L’enjeu n’est pas de bouleverser son quotidien, mais d’intégrer progressivement des réflexes simples qui préservent la santé, sécurisent le logement et facilitent l’organisation sur le long terme.
📌 À retenir
Le maintien à domicile après 60 ans n’est pas le fruit du hasard. Il résulte d’une anticipation progressive, associant prévention santé, sécurisation du logement et organisation personnelle.
Mettre en place ces habitudes avant l’apparition d’une perte d’autonomie permet de préserver durablement son cadre de vie, sa qualité de vie et son indépendance, tout en rassurant l’entourage.
Prévenir la perte d’autonomie pour vivre chez soi plus longtemps
Le vieillissement démographique en France place la question du maintien à domicile au cœur des enjeux sociétaux. Selon les projections de l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques, près d’un Français sur trois aura 60 ans ou plus en 2030. Cette évolution structurelle invite à réfléchir les conditions permettant de vivre chez soi durablement, dans un environnement favorable à la santé, à la sécurité et au lien social.
Le maintien à domicile ne dépend pas uniquement de l’aménagement du logement. Il repose également sur l’état de santé, l’activité physique régulière, la qualité du sommeil, l’alimentation, mais aussi sur le maintien d’un réseau social actif. La perte d’autonomie est le plus souvent progressive : diminution de la mobilité, fragilités chroniques, isolement relationnel ou baisse de la stimulation cognitive peuvent s’installer insidieusement. Agir en amont permet de préserver plus longtemps ses capacités physiques et mentales.
Les chutes constituent la première cause d’accidents domestiques chez les personnes âgées mais d’autres facteurs influencent également l’autonomie : la sédentarité, la dénutrition ou l’isolement social augmentent le risque de dépendance. Adopter des habitudes adaptées – activité physique douce, interactions régulières, organisation du quotidien, vigilance sur la santé – contribue à réduire ces risques.
L’objectif est de créer un environnement global favorable, où le logement, la santé et le lien social fonctionnent ensemble pour soutenir l’indépendance sur le long terme.
10 mesures concrètes pour rester autonome à domicile
1- Anticiper l’adaptation du logement
Sécuriser la salle de bain, améliorer l’éclairage et installer des équipements adaptés avant les premières difficultés constitue un levier majeur dans la prévention de la perte d’autonomie.
Une douche de plain-pied, des barres d’appui, un siège de douche ou un système facilitant l’accès à l’étage (monte escalier, main courante renforcée) réduisent le risque de chute. L’adaptation préventive évite les décisions prises dans l’urgence après un accident et permet de rester plus serein au quotidien.
2- Maintenir une activité physique régulière
La Haute Autorité de Santé recommande une activité physique adaptée chez les plus de 65 ans afin de préserver la masse musculaire, l’équilibre et les capacités fonctionnelles.
Marche quotidienne, exercices d’équilibre, gym douce, jardinage ou activités aquatiques contribuent à limiter la fragilité, à réduire le risque de chute et à conserver une autonomie suffisante pour les gestes du quotidien.
3- Adopter une alimentation adaptée au vieillissement
Avec l’âge, les besoins en protéines augmentent pour prévenir la sarcopénie (perte de la masse musculaire).
Une alimentation équilibrée, suffisamment riche en protéines (viande, poisson, œufs, produits laitiers, légumineuses), associée à une hydratation régulière, participe au maintien de la force musculaire, à la prévention de la dénutrition et à la réduction du risque d’hospitalisations.
4- Préserver la qualité du sommeil
Le sommeil influence directement les capacités cognitives, l’humeur et l’équilibre. Un sommeil de mauvaise qualité augmente le risque de chute, de fatigue et de troubles de la mémoire.
Des horaires réguliers, une chambre calme et bien ventilée, la limitation des écrans et des excitants (café, alcool) en soirée contribuent à réduire les troubles du sommeil, fréquents après 60 ans, et à améliorer la vigilance dans la journée.
5- Entretenir le lien social
L’isolement social est identifié comme un facteur de fragilisation et de perte d’autonomie. Il augmente le risque de dépression, de déclin cognitif et de renoncement aux soins.
Maintenir des contacts réguliers avec la famille, les voisins ou les amis, participer à des activités associatives, à des clubs de quartier ou utiliser des outils numériques pour échanger renforce la stabilité émotionnelle et le sentiment d’appartenance.
6- Sécuriser les déplacements à domicile
Escaliers mal éclairés, tapis glissants ou seuils mal signalés augmentent le risque de chute, même dans un environnement familier.
Installer une main courante solide des deux côtés de l’escalier si possible, renforcer l’éclairage, supprimer les obstacles (fils au sol, petits tapis, meubles encombrants) et utiliser des chaussures fermées antidérapantes améliore significativement la sécurité quotidienne.
7- Connaître les aides financières
Des dispositifs publics tels que MaPrimeAdapt ou le crédit d’impôt accessibilité pour certains travaux permettent de financer l’adaptation du logement. Selon les situations, d’autres aides (caisses de retraite, collectivités locales, mutuelles) peuvent également être mobilisées.
S’informer en amont sur les conditions d’éligibilité, les montants et les démarches à effectuer permet de planifier les travaux sans attendre une situation d’urgence et de limiter le reste à charge.
8- Suivre régulièrement son état de santé
Un bilan médical annuel, un contrôle de la vision et de l’audition, la mise à jour des vaccinations ou un suivi des maladies chroniques contribuent à détecter précocement les facteurs de risque.
La prévention reste le moyen le plus efficace pour retarder une perte d’autonomie : ajustement des traitements, dépistage des troubles de l’équilibre, prise en charge de la douleur ou de l’anxiété facilitent le maintien à domicile.
9- Adapter le mobilier aux besoins du quotidien
Un lit à hauteur adaptée, un fauteuil qui maintient bien le dos et facilite le lever ou une table à bonne hauteur limitent les efforts excessifs et les postures douloureuses.
L’ergonomie du mobilier participe à la conservation de l’autonomie dans les gestes simples : se lever, s’asseoir, se retourner dans le lit, se déplacer d’une pièce à l’autre, sans épuisement ni risque de chute.
10- Accepter un accompagnement avant l’urgence
Recourir à une aide à domicile ponctuelle, au portage de repas, à une téléassistance ou à des visites régulières d’un professionnel permet de rester chez soi plus longtemps dans de bonnes conditions.
Le maintien à domicile repose autant sur l’environnement que sur l’acceptation d’un soutien adapté : s’autoriser à demander de l’aide avant que la situation ne se dégrade évite les ruptures brutales (hospitalisation, entrée en établissement).
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