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Retraite & Patrimoine

Un retraité sur trois perçoit moins de 1 000 € par mois

Rédaction : Sylviane Lamant - Mise à jour : 18 juin 2021 à 12h33
Un retraité sur trois perçoit moins de 1 000 € par mois

Si l’expression de « petites retraites » est souvent évoquée, un rapport de deux députés remis au Gouvernement le 11 mai dernier révèle l’étendue du phénomène. En France, plus d’un retraité sur trois perçoit chaque mois moins de 1 000 €. Or, il s’agit du montant considéré comme le seuil de pauvreté pour une personne seule. Quelles pistes pour améliorer le niveau des pensions ?

 

Quels retraités sont concernés par les petites pensions ?

Si la proportion de retraites concernées tend diminué au fil des années –elle dépassait en effet les 50 % des pensions liquidées avant 1990– et si, globalement, il faut reconnaître que le nombre de retraités vivant sous le seuil de pauvreté (8 %) est quasiment deux fois moins élevé que dans l'ensemble de la population (14,8 %) grâce à l'ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées), le constat reste préoccupant.

Plusieurs facteurs, souvent cumulés, sont à l’origine de ces pensions modestes :

  • Une carrière incomplète constitue le premier de ces facteurs. Qu’il s’agisse d’une arrivée tardive sur le marché du travail, de temps partiel, d’une interruption pour cause de maladie ou d’invalidité ou de discontinuité, 81 % des personnes ayant ce type de carrière ont une pension inférieure à 1 000 €. Les femmes sont particulièrement impactées en raison généralement, de l’éducation des enfants, de postes à temps partiel, de salaires moins élevés... Elles représentent en effet 74 % de ces retraités aux ressources modestes. S’y ajoutent les personnes frappées par d’importantes périodes de chômage ou d’invalidité ou ayant eu des activités prolongées à l’étranger.
  • Le statut professionnel de non-salarié : Certaines professions cotisent peu –les indépendants, les commerçants, les artisans, les non-salariés agricoles et leurs conjoints– et sont, de ce fait, des catégories plus impactées. La complexité du système de retraite et de ses 42 régimes contribue également à la difficulté, pour certains futurs retraités, d’anticiper le calcul de leur pension.

 

Comment améliorer le niveau des retraites modestes ?

Même si la tendance est à la diminution quantitative des pensions modestes, elles restent un sujet qui appelle des mesures correctrices. Plusieurs pistes sont évoquées dans le rapport remis au Gouvernement :

  • Agir pour une meilleure information des assurés dans le cadre de l’Entretien Information Retraite, en particulier au bénéfice de ceux âgés de 45 ans et ayant une durée d’assurance totale validée inférieure à dix années, afin qu’ils soient mis en mesure le plus en amont possible de prendre certaines dispositions (rachat de trimestres...).
  • Agir sur les cotisations via plusieurs leviers : Il peut s’agir d’autoriser de nouveaux droits à pension en cas de cumul emploi-retraite, de permettre à l’employeur de financer partiellement le rachat des droits à retraite de certaines périodes (étude, stage, apprentissage) de leurs salariés, d’augmenter l'assiette minimale de cotisation pour les artisans-commerçants (validation de 4 trimestres au lieu de 3) ou d'ouvrir la possibilité de racheter rétroactivement des trimestres manquants dans les trois ans suivant une mauvaise année.
  • Agir sur les droits eux-mêmes : Porter les retraites d’ici 2025 à un seuil d’au moins 85 % du SMIC net, pour les assurés ayant effectué une carrière complète rémunérée au SMIC et ayant cotisé au moins 120 trimestres. Le même objectif serait fixé au bénéfice de ceux déjà retraités grâce au versement d’une garantie différentielle.

Si l'on constate déjà certaines avancées, avec la revalorisation des retraites agricoles par exemple, l’ensemble des mesures préconisées par le rapport parlementaire restent à être validées. L’une d’entre elles a par ailleurs déjà été mise en avant dans le cadre de la réforme des retraites suspendue pour cause de pandémie et semble revenir assez sûrement sur le devant de la scène : Il s’agit ni plus ni moins que de la promesse du président de la République, Emmanuel Macron, de porter, pour les futurs retraités, à 1 000 € minimum brut par mois les pensions des assurés ayant réalisé une carrière complète puis à 85 % du Smic net minimum en 2025.

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