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Rédaction : Aline Garcia - Mise à jour : 20 septembre 2019 à 08h13

Introduction

Avec les effets conjugués du baby-boom et de l’allongement de l’espérance de vie, la part des seniors dans la population française ne cesse de croître. Pour faire face au vieillissement des Français et à l’enjeu de la dépendance, les familles sont en première ligne. Longtemps invisibilisés, les aidants familiaux apportent un soutien matériel, financier, physique et moral régulier voire quotidien à leurs proches en perte d’autonomie, au risque parfois de s’épuiser.

Les appellations d’aidant familial, de proche aidant et d’aidant naturel reviennent régulièrement. Quelles sont leurs spécificités ?

Aidant familial, aidant naturel, proche aidant, définitions et différences

La loi n°2005-102 du 11 février 2005 reconnaît la place ainsi que le rôle des aidants familiaux auprès des personnes en situation de handicap. L’article R245-7 du Code de l’action sociale et des familles définit la notion d’aidant familial avec précision. Il peut s’agir du conjoint, du concubin, de la personne avec laquelle le bénéficiaire a conclu un pacte civil de solidarité (PACS) mais aussi de l’ascendant –ancêtre direct (père, mère, grands-parents…)–, du descendant ou du collatéral jusqu’au quatrième degré –parent descendant d’un ancêtre commun sans ascendance directe (sœur, cousin, oncle, grand-tante…)– de la personne handicapée ou bien de l’autre membre du couple. Cet aidant ne perçoit aucune rémunération en contrepartie du service rendu à son proche.

Qu’en est-il du soutien aux seniors dépendants ? Mentionné dans l’article L1111-6-1 du Code de la santé publique, le terme d’aidant naturel désigne l’individu nommé par une personne handicapée pour l’aider à réaliser des soins et des gestes favorisant son autonomie après une courte formation auprès d’un professionnel de santé. Cela peut être un membre de la famille, un ami, un voisin…
Cette acception s’est ensuite étendue de manière informelle à l’assistance des personnes âgées dépendantes. Sa définition recouvre donc les mêmes situations qu’un aidant familial.

Depuis la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement du 28 décembre 2015, la notion d’aidant a été élargie aux individus apportant un support aux personnes âgées de leur entourage en situation de perte d’autonomie. On parle dès lors de proche aidant. L’article L113-1-3 du Code de l’action sociale et des familles précise que le conjoint, le concubin, le partenaire de PACS, un parent ou un allié, les aidants familiaux mais également les personnes résidant avec la personne aidée ou entretenant des liens stables et étroits avec elle, venant en aide de manière fréquente et régulière à titre non-professionnel pour accomplir tout ou partie des actes de la vie quotidienne, sont considérées comme proches aidants.

Recouvrant ces trois notions, le terme générique d’aidant désigne une personne qui accompagne un proche en perte d’autonomie ou dépendant de manière régulière voire quotidienne.

Les missions de l’aidant familial

Intervenant à différents niveaux, les missions de l’aidant s’apparentent souvent à celles d’un auxiliaire de vie :

  • Aide pour les activités du quotidien (courses, préparation des repas, déplacements, entretien de la maison et du jardin, organisation des soins, organisation des activités de loisir),
  • Aide matérielle ou financière liée à la perte de l’autonomie,
  • Aide administrative,
  • Soutien moral face à la maladie ou la dépendance.

Cette implication requiert temps, énergie et bienveillance. Accompagner une personne malade, en dépression, que l’on a connu autonome peut se révéler déstabilisant. Il est donc essentiel de se poser les bonnes questions avant de s’engager.

Aidant, un engagement auprès de votre proche

Être aidant engendre souvent fatigue morale et physique. Avant de s’engager dans ce rôle, afin de gérer la situation en toute connaissance de cause, il est important de faire le point. Le quotidien et la vie familiale risquent d’être impactés. L’engagement auprès de son proche représente du temps et de l’énergie en moins pour sa propre vie personnelle et professionnelle.

Voici les éléments essentiels à prendre en compte afin de vous organiser dans cette tâche astreignante :

  • Définir les missions et les horaires en discutant avec la personne aidée ainsi que sa propre famille,
  • Identifiez les différents prestataires –aide à domicile, médecin, infirmier…– intervenant au domicile du senior afin de les coordonner, 
  • Trouvez une ou plusieurs personnes de confiance capables de prendre le relais en cas d’absence ou d’empêchement (membre de la famille, amis, voisins…),

En fonction de la pathologie ou du handicap, de la charge que cela implique et de la distance de votre domicile avec celui de la personne aidée, demandez-vous si vous êtes en capacité de vous occuper d’elle. N’hésitez pas à contacter votre médecin traitant pour faire le point sur vos capacités physiques, émotionnelles, financières mais aussi à vous faire aider vous-même si la charge induite par votre mission d’aidant devient trop lourde.

Faire face au diagnostic de son proche

Lorsqu’un proche apprend qu’il souffre d’une maladie, cela l’affecte moralement. Il est important de l’épauler dans ce moment difficile, d’être à son écoute et de l’inciter à exprimer ses émotions et ses angoisses.
Toutefois, voir un proche souffrir, se sentir impuissant, peut également vous affecter profondément. Trouver une oreille attentive et bienveillante afin de vous exprimer peut vous aider à faire face à la situation. Il est également nécessaire de bien s’informer sur la maladie et ses conséquences afin de mieux accompagner votre proche et d’anticiper les problèmes qui peuvent survenir.

S’organiser dans le rôle d’aidant familial

Rarement formés à l’accompagnement des personnes malades ou en perte d’autonomie, plusieurs outils et dispositifs existent pour assister les aidants. Voici les éléments essentiels à prendre en compte :

  • Apprendre les bons gestes, les bonnes pratiques et l’attitude à adopter au quotidien,
  • Organiser sa semaine en mettant en place un planning,
  • Faire le point régulièrement à l’aide de grilles de suivi,
  • Se faire accompagner et savoir appeler à l’aide si cela devient nécessaire.

Consultez notre livret outil consacré aux aidants afin de vous aider à vous organiser au quotidien :

 

Télécharger le livret de l’aidant

Créer un réseau d’entraide

S’organiser au quotidien c’est aussi savoir s’entourer. L’aidant familial est souvent le seul membre de la famille qui assume la prise en charge de son proche. Pour maintenir un équilibre physique et moral, être épaulé par un réseau est primordial. Ce réseau peut s’appuyer sur :

  • Les membres de la famille, les amis, les voisins…
  • Les différentes personnes intervenant au domicile (aide ménagère, auxiliaire de vie),
  • Les professionnels de santé (médecin traitant, infirmiers, aide-soignants)
  • Les associations et structures soutenant les seniors et leurs aidants qu’elles soient locales ou nationales.

Collaborer avec toutes ces personnes permet d’assurer un meilleur suivi et aide à la prise de décision. Les professionnels apportent et partagent leurs compétences, leurs connaissances ainsi que leurs conseils en fonction de chacune des situations rencontrées par le couple aidant/aidé. Cela permet de mieux s’organiser, d’éviter les mauvaises surprises et d’avoir une prise en charge réactive en cas de problème de l’aidé ou même de l’aidant.

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