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Aide à domicile

Le baluchonnage, un dispositif pour accorder du répit aux aidants

Rédaction : Isabelle Simon Ringenbach - Mise à jour : 31 mars 2020 à 10h55
Le baluchonnage

Chaque jour en France, près de 11 millions d’aidants accompagnent un de leur proche dépendant. Dévoués corps et âmes, ces individus gèrent les soins, la toilette, le ménage... d’une personne âgée en perte d’autonomie, malade ou handicapée. Selon les estimations, leur contribution permettrait de faire économiser 11 milliards d’euros à l’État. Si les pouvoirs publics ont récemment accordé de nouveaux droits et notamment, un congé rémunéré d’une durée de trois mois, force est de constater que cette aide est insuffisante voire inadaptée en fonction des situations personnelles. Le rôle d’aidant est épuisant. Il existe pourtant d’autres solutions pour permettre de passer le relais.

 

Du répit pour les aidants

Dans notre société vieillissante, le rôle des aidants est capital pour faire face à la question de la dépendance. Or, leur engagement, épuisant au quotidien et à fortiori sur le long terme, peut se révéler délétère pour leur propre santé. Surmenés, les aidants sont souvent peu enclins à demander de l’aide, par peur de déranger ou par méconnaissance des dispositifs en place. Pris par leurs tâches quotidiennes chronophages, ils ont tendance à s’oublier, s’épuisent et parfois craquent.

Les conséquences peuvent se révéler sévères pour eux comme pour la personne âgée ou handicapée qui se retrouve seule, privée de l’accompagnement de son aidant. Si des solutions de répit existent pour soulager les aidants –accueil de jour, maison de répit, hébergement temporaire, accueil familial…–, elles ne sont pas toujours adaptées ou s’avèrent parfois difficiles à mettre en œuvre. La création en 2020 d’un congé de proche aidant rémunéré sous certaines conditions a eu le mérite de faire avancer le sujet. Réservé aux salariés pour une durée limitée, il apparaît pourtant nécessaire d’aller plus loin pour accompagner ceux qui soutiennent un proche au quotidien. D’autres solutions existent et il est important de les expérimenter pour venir en aide aux aidants. Présentation d’un dispositif originaire du Québec, le baluchonnage.

 

Qu’est-ce que le baluchonnage ?

Créé en 1999 par Marie Gendron, une infirmière Québécoise, le baluchonnage désigne un temps de répit/repos à destination des aidants familiaux. Le principe est simple. Un professionnel paramédical (aide-soignant, auxiliaire de vie, aide à domicile…) se rend au domicile de l’aidant avec son « baluchon » afin de veiller sur son proche pour un temps donné –de quelques heures à plusieurs jours–. Son rôle ne consiste pas à réaliser les tâches ménagères, cette personne relais assure une présence rassurante et veille sur votre proche.

Ce dispositif permet à l’aidant familial de :

  • Faire une pause,
  • Se faire hospitaliser,
  • S’accorder du temps, se reposer, dormir, prendre un bain, cuisiner,
  • Participer à des loisirs, à des rencontres associatives, des évènements,
  • Se rendre à un rendez-vous ou une fête,
  • Voir ses enfants/petits-enfants…

Dispositif encadré, le baluchonnage, s’adresse à toute personne (aidant/malade) de plus de 60 ans, sans conditions de ressources. L’aidant sollicite l’intervention d’un professionnel : une aide-soignante, une auxiliaire de vie, une aide à domicile… avec qui un rendez-vous est organisé en amont pour planifier. Le coût étant à la charge du bénéficiaire, il peut venir en complément d’autres aides déjà mises en place. Le but est d’octroyer à l’aidant un moment pour souffler, prendre soin de lui et se divertir sans culpabiliser tout en sachant qu’une personne compétente veille sur son proche.

À noter : en France, le « droit au répit » de l’aidant se monte à environ 500 € par an.

 

Le baluchonnage, en France et ailleurs

Au Québec, ce dispositif existe depuis plus de vingt ans et son financement est pris en charge par les pouvoirs publics. Exporté avec succès en Belgique, le baluchonnage s’est heurté en France à certains aspects du droit du travail. De fait, peu de structures proposent ce dispositif encore mal connu. La loi du 10 août 2018 offre pourtant une dérogation permettant les expérimentations de baluchonnage sur le territoire français. À ce jour, une dizaine de structures en France proposent le service.

D’autres solutions sont déployées afin de de proposer des solutions de relais. La première maison de répit a ouvert dans la banlieue de Lyon en octobre 2018. Elle accueille pour l’heure des personnes malades ou en situation de handicap de moins de 60 ans. D’autres établissements et offres de services existent dans différentes régions de France afin de soulager les aidants. D’autres expérimentations dites de "relayage" ont débuté en avril 2019 et prendront fin le 30 décembre 2021. Gageons que le baluchonnage fasse lui aussi plus d’émules.

 

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