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Santé & Vie pratique

Ouverture du 1er hôpital virtuel en 2024

Rédaction : Claire Viel - Mise à jour : 09 août 2019 à 10h03
Ouverture du 1er hôpital virtuel en 2024

Face à la désertification de l’offre de soins et à la pénurie de généralistes, de nombreux Français peinent à se soigner au quotidien. Les délais pour une simple consultation chez le médecin ou un acte médical sont de plus en plus longs. Certains se voient contraints de faire plusieurs dizaines de kilomètres pour rencontrer un praticien.
Porté par Agnès Buzyn, le projet de loi « Ma santé 2022 » tente de pallier le problème en mettant fin au numerus clausus ainsi qu’en repensant la répartition de l’offre de soins. Si les questions de nombre d’étudiants en médecine et d’attractivité des territoires sont au cœur des politiques de santé, les pouvoirs publics se penchent également sur d’autres pistes. Grâce au développement du numérique et de ses applications innovantes, de nouvelles solutions s’offrent à tous.

 

Vers une médecine virtuelle ?

Votée le 16 juillet dernier, la fin du numerus clausus met un terme à partir de 2020 au concours limitant l’accès à la deuxième année de médecine mais aussi aux études dentaires, de pharmacie ou de sage-femmes. Accueillie positivement, la mesure ne permet pourtant de répondre que partiellement à la question des déserts médicaux. La durée des études de médecine étant en moyenne de quatorze ans, cette disposition ne devrait en effet permettre d’enrichir l’effectif de médecins qu’à l’horizon 2034. Or, face à l’augmentation constante du nombre de seniors mais aussi des personnes en situation de dépendance, il apparaît primordial de répondre rapidement aux besoins d’accès aux soins de la population.

Recouvrant les concepts de télésanté et de télémédecine, l’e-santé ou « santé numérique » a vocation à compléter l’offre de soins afin de désengorger les salles d’attentes mais aussi en permettant l’accès aux soins des personnes les plus isolées. La prise en charge et l’accompagnement des patients s’appuient sur l’informatique et les nouvelles technologies grâce à des dispositifs innovants –téléconsultation, téléassistance, dossier médical partagé, applications de santé web...–. Loin de l’idée de remplacer la médecine traditionnelle, le but consiste plutôt à offrir de meilleurs outils aux praticiens mais aussi à renforcer le lien patient soignant, en permettant des contacts plus réguliers et en optimisant le suivi des malades grâce à des consultations par vidéoconférence ainsi que la mise en place d’un carnet de santé numérique.

 

Un hôpital tourné vers l’avenir

Pilote en matière d’e-santé, Saint Quentin dans le département des Yvelines doit ouvrir d’ici 2024 le premier hôpital virtuel de France. S’appuyant sur les dernières innovations technologiques, la structure de 5000 m2 proposera une offre inédite en matière de santé numérique et de prévention. L’objectif premier est de développer l’offre de soins sur le territoire et de pallier la mauvaise répartition des soignants. Des téléconsultations ophtalmologiques, dermatologiques, pédiatriques, cardiologiques ou encore psychiatriques  sans rendez-vous seront ainsi proposées aux patients afin de contrebalancer les manques dans ces secteurs sur le département. En effet, entre 2007 et 2016, le nombre de généralistes a chuté de 21 % et cette tendance tend à s'accélérer.

Véritable Centre Hospitalier Universitaire (CHU), la structure, considérée comme « l’hôpital du futur » sera habilitée à traiter toutes les pathologies mais viendra également renforcer le pôle d’enseignement supérieur. Une plateforme reposant sur la simulation virtuelle ainsi qu’une médiathèque numérique permettront ainsi de former des étudiants en médecine et plus de 1 200 professionnels de santé. Enfin, dans le cadre d’un partenariat public privé, un partage de compétences entre personnel médical, industriels et start-up permettra de tester les dernières innovations mais aussi d’articuler des projets de recherche e-santé dans un laboratoire dédié. Outre l’intérêt d’améliorer le maillage de l’offre de soins sur le territoire, l’enjeu consiste à mettre le numérique au service de la santé publique.

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