0 805 543 098Service & appel gratuits

A A A
MENU
Santé & Vie pratique

Perte d’autonomie : La Cour des comptes étrille les politiques de prévention

Rédaction : Annie Lamballe - Mise à jour : 07 décembre 2021 à 13h59
Rapport sur la prévention de la perte d'autonomie

Publié le 25 novembre dernier, un rapport de la Cour des comptes remet en cause les politiques de prévention de la perte d'autonomie des personnes âgées. Dans ses recommandations, la haute juridiction plaide pour l'amélioration du système français ainsi qu'une réorganisation de ses aides financières.

 

Un manque d'ambition et de concertation en matière de prévention

D'après la haute juridiction, si l'« on vit plus vieux en France » que dans les autres pays d'Europe, ce n'est pas forcément en meilleure santé. Or, cette population vieillissante risque de se voir confrontée à une perte d’autonomie. Par ailleurs, d'ici à 2050, les plus de 85 ans seront trois fois plus nombreux, ce qui entraînera inévitablement une augmentation du nombre de personnes en situation de dépendance.

Le rapport conclue que les mesures mises en place n'ont pas prouvé leur efficacité face à la situation actuelle ni leur capacité à faire face aux besoins à venir. Le coût des politiques de prévention s'élève pourtant à 1,5 milliard d'euros par an, soit 460 millions d'euros pour les aides techniques de l'assurance maladie et près de 300 millions d'euros pour l'action sociale de la CNAV (Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse).

Cependant, ces politiques publiques sont desservies par la multiplicité des acteurs (département, Sécurité sociale, agence régionale de santé, caisses de retraite, associations...), dont les interventions sont éventuellement concurrentes. Ce millefeuille administratif entraîne une diffusion de l'information ainsi qu’une perte de repère pour l'usager. Dans ce paysage administratif complexe, cela aboutit à un manque de lisibilité qui peut dissuader les seniors à solliciter une aide.

 

Des recommandations pour prévenir la perte d’autonomie

Selon la Cour des comptes, gagner un an d'espérance de vie sans incapacité (EVSI) permettrait pourtant à l'assurance maladie d'économiser 1,5 milliard d'euros entre 2021 et 2031. De ce fait, la juridiction propose plusieurs pistes pour améliorer les politiques de prévention, avec des actions prioritaires à mener :

  • Mettre en place un plan de santé publique ambitieux pour réduire les chutes (responsables de 10 000 décès par an de personnes de plus de 65 ans),
  • Mieux structurer la prévention en améliorant l'identification et la coordination des acteurs publics, sous l'autorité des départements,
  • Mieux doter la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA),
  • Lutter contre l'isolement des personnes âgées,
  • Développer l'offre de logements adaptés,
  • Simplifier l'accès aux aides et uniformiser les procédures,
  • Inciter financièrement les médecins pour effectuer des visites médicales à des âges clés et pour un dépistage précoce des signes susceptibles d'annoncer la dépendance,
  • Construire une offre graduée de prévention de la perte d'autonomie, à mettre en œuvre de façon territoriale sur chaque département,
  • Informer sur les bons comportements à adopter dès 40-45 ans, et au moment du départ à la retraite (activité sportive notamment), afin de modifier préventivement les habitudes.

Ces mesures permettraient d'améliorer la vie de nombreuses personnes âgées. La CNSA affecterait aux Départements les crédits en fonction de leurs résultats et du respect des objectifs qu'ils auront définis.

Suivez-nous :-)