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Rédaction : Carole Carries - Mise à jour : 30 août 2019 à 15h03

Introduction

Si l’âge représente le principal facteur de risque, la maladie d’Alzheimer est souvent associée à tort au seul vieillissement. Véritable pathologie neurodégénérative, cette affection entraîne des lésions cérébrales irréversibles. Retour sur l’histoire et les chiffres clé de cette démence.

Définition de la maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer, autrefois appelée démence sénile, est une maladie neurodégénérative du cerveau, qui entraîne une perte de neurones et une détérioration progressive et irréversible de certaines fonctions cérébrales –mémoire, langage, gestes, reconnaissance… avec une place particulière pour les troubles psycho-comportementaux dans l’évolution de la maladie–, se répercutant sur la vie sociale, affective ou professionnelle.

Démence pré-sénile, sénile ?

Pendant longtemps la maladie d’Alzheimer a été qualifiée de «démence pré-sénile» pour les patients de moins de 65 ans et de «démence sénile» pour les patients de plus de 65 ans. Toutefois, dans les années 80, on remarqua que les patients atteints de démence sénile présentaient les mêmes symptômes que ceux atteints de démence pré-sénile. Le terme unique de maladie d’Alzheimer fut alors retenu.

L’histoire de la maladie : Le docteur Alzheimer

En novembre 1901 eut lieu la rencontre d’Alois Alzheimer, psychiatre et neuropathologiste allemand, avec Auguste Deter une patiente âgée de 51 ans admise à l’asile municipal de Francfort pour cause de démence avec troubles de la mémoire, du langage et souffrant d’hallucinations et autres troubles psychologiques. Alzheimer, intéressé par son cas, restait intrigué par le fait que cette malade, si jeune, puisse présenter les mêmes troubles mentaux que des personnes plus âgés atteints de démence sénile. Après le décès d’Auguste Deter, le médecin pratiqua l’autopsie du cerveau de la patiente et pu constater deux types de lésions cérébrales caractérisées par l’accumulation de protéines anormales :

  • La protéine Tau, à l’intérieur du neurone, est responsable de la dégénérescence neurofibrillaire également appelée enchevêtrements neurofibrillaires. Les neurones ont un système de transport interne : les microtubules qui permettent la circulation des protéines dans la cellule. La protéine Tau permet de maintenir cette “autoroute” cellulaire praticable mais dans la maladie d’Alzheimer, elle devient hyperphosphorylée et ne peut plus assurer sa fonction.
  • La protéine bêta-amyloïde, à l’extérieur du neurone, est le composant principal des plaques séniles ou amyloïdes. Ces plaques se déposent entre les cellules nerveuses situées dans la substance grise du cortex cérébral, provoquant un dysfonctionnement des connexions entre les neurones.

Ces observations, présentées le 4 novembre 1906 par Alois Alzheimer, lors de la 37e Conférence des psychiatres allemands à Tübingen, en Allemagne décrivent et identifient pour la première fois la « maladie particulière du cortex cérébral » mais sa découverte fut accueillie dans l’indifférence médicale totale.

Trois ans plus tard, le nom de « maladie d’Alzheimer » fut donné à cette pathologie mais restera, jusqu’aux années 1980, inconnue du grand public.

Comprendre la maladie d’Alzheimer : la démence

Aux termes folie ou aliénation, on préfère celui de démence pour désigner un ensemble de maladies neurologiques dont les lésions altèrent les fonctions cognitives (mémoire, langage, attention, raisonnement) et comportementales d’une personne même s’il garde encore une connotation sociale péjorative. Cette démence conduit à la perte progressive d’autonomie dans la vie quotidienne pour aboutir à un état de dépendance total et irréversible vis à vis de son entourage.

Il existe plusieurs causes de démence, on parle alors de syndromes démentiels avec deux grands types de démence : les démences dégénératives dont la plus connue est la maladie d’Alzheimer, qui représente 90 % de l’ensemble des démences et qui résulte d’une perte progressive et irréversible des neurones, et les démences non dégénératives, plus rares, liées à des problèmes vasculaires, inflammatoires…

 

Alzheimer, une vraie maladie ?

Alzheimer n’est pas la conséquence d’une accélération normale du vieillissement cérébral, il s’agit bien d’une maladie cérébrale à part entière.

 

Comprendre le cerveau : les neurones

On estime à approximativement 100 milliards le nombre de cellules présentes dans le cerveau produites essentiellement durant les premiers stades de la vie humaine, mais qui apparaissent et disparaissent tout au long de l’existence.

Certaines de ces cellules, appelées neurones, partie intégrante du système nerveux, analysent les informations reçues, les transmettent à d’autres neurones, les mémorisent et échafaudent des réponses adaptées à la situation ou au désir de l’individu. Les informations sensorielles –goût, toucher, vue, audition, odorat– sont transmises au cerveau grâce aux neurones sensitifs. Les neurones moteurs transmettent quant à eux les commandes du cerveau aux muscles ou organes qui répondent par un mouvement ou une action.

Il existe également des réseaux de neurones chargés de tâches plus spécifiques comme la mémoire, le langage, le raisonnement, la concentration, le comportement, la reconnaissance, la réalisation de gestes complexes, l’humeur, le comportement… Ces réseaux correspondent aux fonctions cognitives et comportementales qui sont touchées dans la maladie d’Alzheimer alors même qu’elle épargne les réseaux moteurs et sensoriels.

Les chiffres clés de la maladie

L’augmentation des cas de démences, et en particulier la maladie d’Alzheimer, serait en grande partie liée à l’allongement de la durée de vie.

– En 2018, en France, l’espérance de vie était de 79,5 ans pour les hommes et 85,4 ans pour les femmes,
– En 2070, elle devrait atteindre 93 ans pour les femmes et 90 ans pour les hommes,,
– Entre 2005 et 2025, le nombre de personnes âgées de plus de 75 ans devrait passer de 8 à 16 % de la population française.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il y aurait dans le monde, 50 millions d’individus atteints de démence parmi lesquels 35,6 millions de personnes touchées par la maladie d’Alzheimer et près de 7,7 millions de nouveaux cas chaque année.

En France, en 2019, 900 000 personnes souffraient d’Alzheimer. En tenant compte de l’allongement de la durée de vie, en 2020, ce chiffre devrait atteindre 1,3 millions et 1,8 millions en 2050. Si cette maladie ne concerne que 2 % des cas avant 65 ans, souvent de formes héréditaires et 2 à 4 % après 65 ans, le pic des 15 % est atteint pour les individus âgés de 80 ans et plus. Chaque année, 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués et les femmes âgées de plus de 80 ans sont plus touchées que les hommes, différence qui pourrait être liée notamment à l’écart d’espérance de vie.

Véritable tsunami, la maladie d’Alzheimer n’est pas cantonnée aux pays riches puisque parmi les pays développés, l’Inde compte 2,5 millions de déments et la Chine 5 millions.

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