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Rédaction : Carole Carries - Mise à jour : 30 août 2019 à 14h49

Définition d’un facteur de risque

Un facteur de risque correspond à un élément augmentant la probabilité de développer une pathologie. Ces facteurs peuvent être d’ordre héréditaires, associés au mode de vie ou à une exposition à l’environnement. Certains facteurs sont indiscutables, tandis que d’autres ne sont que probables. Aussi est-il possible de développer la maladie d’Alzheimer sans être exposé un facteur de risque et à l’inverse, être touché par un facteur de risque ne déclenche pas forcément sur la maladie.

Inventaire des causes principales dans l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

L’âge et le sexe, facteurs de risque principaux

L’âge constitue le principal facteur de risque de la maladie d’Alzheimer. En France, l’incidence de la maladie double tous les cinq ans après 65 ans. 20 % des 80-84 ans sont touchées par cette démence. Ce chiffre passe à 40 % pour les plus de 85 ans. À partir de 95 ans, l’effet de l’âge est moins tangible. Dans l’étude PAQUID –Groupe de 3 777 Français âgés de 65 ans ou plus étudiées entre 1988 et 2004 pour comprendre les effets des facteurs environnementaux, comportementaux et sociaux dans le développement d’affections liées à l’âge et en particulier de la maladie d’Alzheimer–, ce risque de développer la maladie ne s’observe qu’à partir de 75-80 ans.

Il apparaît également que les femmes présentent un risque plus élevé de développer la maladie. Plusieurs hypothèses ont été évoquées, comme une carence en œstrogènes à la ménopause lorsqu’il n’y a pas de traitement hormonal de substitution, ou encore un possible effet protecteur des androgènes chez les hommes. Ce risque en fonction du sexe est toutefois à nuancer car il pourrait être en lien avec la meilleure espérance de vie des sujets féminins.

Le risque cardiovasculaire pour Alzheimer

Hypertension artérielle, diabète, cholestérol élevé, obésité, tabagisme, inactivité physique sont autant de facteurs de risques vasculaires qui, lorsqu’ils sont présents entre 40 et 50 ans, augmentent d’autant le risque de démences vasculaires mais aussi celui de développer une maladie d’Alzheimer à un âge plus avancé.

La présence de lésions vasculaires cérébrales mêmes minimes aurait en effet un potentiel d’accélérateur dans le déclenchement de la maladie.

Alzheimer et la génétique

La maladie d’Alzheimer se subdivise en deux entités majeures bien distinctes : les formes sporadiques ou communes et les formes héréditaires.

Les formes sporadiques ou formes communes

Représentant 90 à 95 % des personnes affectées par la pathologie, ces formes d’Alzheimer apparaissent après l’âge de 65 ans. Plus fréquentes, ces formes non héréditaires frappent de manière aléatoire. Elles sont liées à un complexe d’éléments génétiques, environnementaux ainsi qu’au style de vie. Les scientifiques n’ont à ce jour toujours pas réussi à identifier le gène responsable de cette forme commune ou sporadique de la maladie.

Les formes héréditaires

Représentant moins de 1 % des cas, ces formes surviennent généralement avant 60 ans. C’est la mutation d’un gène d’un de nos chromosomes qui entraîne, tôt ou tard, le déclenchement de la maladie d’Alzheimer. Transmise de génération en génération, le fait d’être porteur de cette anomalie génétique a 50 % de chance d’affecter votre enfant. Entre 1991 et 1995, trois gènes responsables de ces formes héréditaires et précoces de la maladie d’Alzheimer ont été identifiés :

  • Les mutations du gène de la protéine APP, identifié sur le chromosome 21, sont responsables de 25 % des cas de 40 à 60 ans.
  • Le gène de préséniline 1 présent sur le chromosome 14 est responsable de 70 % des formes héréditaires précoces débutant entre 35 et 60 ans.
  • Plus rares, les mutations du gène de la préséniline 2 du chromosome 1 sont responsables de 2,5 % des cas avec une démence généralement plus tardive –entre 40 et 85 ans– et une évolution plus lente.

Autre facteur de risque génétique des formes tardives sporadiques

Au début des années 1990, le gène de l’apolipoprotéine E (ApoE) dit « de susceptibilité », situé sur le chromosome 19, a été identifié comme facteur de risque génétique des formes tardives sporadiques de maladie d’Alzheimer.

L’ApoE est une protéine qui joue un rôle majeur dans le transport et la redistribution du cholestérol dans les cellules et il existe sous trois formes différentes appelées allèles : ApoE2, ApoE3 et ApoE4. Présente chez 30 à 60 % des patients, la forme ApoE4 multiplie par quatre à dix-huit le risque de développer la maladie plus tôt. Toutefois, l’allèle E4 ne constitue pas un marqueur de la maladie et être porteur du gène n’implique pas forcément le développement de la maladie.

La génétique et les jumeaux

D’après l’étude suédoise HARMONY qui a étudié 392 paires de jumeaux ayant un ou deux individus de plus de 65 ans avec un Alzheimer, l’apparition de la maladie est plus importante chez les vrais jumeaux. Si l’un des deux est porteur de la maladie, elle apparaît chez le second dans 58 à 79 % des cas. C’est deux fois plus que pour les faux jumeaux.

Cependant, de nombreux jumeaux homozygotes ne développent jamais la maladie alors même que leur frère ou sœur est touché ce qui montre qu’outre les facteurs génétiques, les facteurs environnementaux revêtent une importance dans le déclenchement de la maladie.

Les risques liés aux antécédents médicaux

Plusieurs facteurs de risques sont à prendre en compte :

  • Le nombre et la sévérité des traumatismes crâniens, d’autant plus s’ils ont provoqué un coma,
  • Le stress chronique, c’est ce qui ressort d’une étude danoise réalisée entre entre 1991 et 2016 sur 7000 personnes âgées de 60 ans en moyenne au début de la recherche.
  • La dépression chronique pourrait conduire à la démence. L’une des hypothèses avancée met en avant que les hormones de stress secrétées lors d’un état dépressif sont toxiques pour l’hippocampe. La réduction de toute activité physique ou intellectuelle pourrait également jouer un rôle.

L’incidence de l’éducation et du style de vie

Le niveau d’éducation jouerait un rôle important dans le déclenchement de la maladie qui serait plus faible chez les personnes avec une longue scolarité. Une étude canadienne met en avant que les personnes scolarisées moins de six ans doublent le risque de développer une démence par rapport à celles scolarisées plus de treize ans.

La perturbation du lien social contribue souvent au déclin précoce des facultés cognitives. Aussi, maintenir un réseau social qualitativement riche, permet de réduire le risque de démence et de maladie d’Alzheimer

La réserve cognitive repose sur l’hypothèse que le cerveau peut faire face aux lésions cérébrales en utilisant, soit ses réseaux de neurones déjà existants, soit en activant de nouvelles connections neuronales (réserve cérébrale). Cet ensemble permet de compenser l’extension des lésions de la maladie. Stimuler son cerveau est donc crucial pour retarder l’apparition d’Alzheimer. Suivre des études, exercer des activités intellectuellement stimulantes ou avoir une vie sociale active permettrait donc de retarder l’apparition de l’affection.

Les antécédents familiaux pour Alzheimer

Si les antécédents familiaux ne sont pas une cause directe du développement de la maladie d’Alzheimer, ils constituent toutefois un facteur de risque important. Avoir l’un de ses parents atteint de cette affection augmente sensiblement le risque de développer soi-même la maladie.

Les risques environnementaux

Depuis plus de quarante ans, nombreuses sont les études épidémiologiques qui ont démontrée l’importance des risques environnementaux. On retiendra en particulier l’implication des métaux lourds comme le fer, le cuivre, le manganèse, le mercure et l’aluminium qui pourraient jouer un rôle important dans le développement de la maladie.

Malheureusement, même si de nombreuses preuves scientifiques ont démontré le rôle néfaste de ces métaux, aucune n’a encore établi factuellement leur impact direct dans le déclenchement de la pathologie.

L’alimentation et le mode de vie

Manque d’exercice, nourriture trop riche en sel et graisses sont des facteurs qui favorisent les maladies cardiovasculaires. Adopter un régime de type méditerranéen qui privilégie en abondance les fruits, légumes, céréales, viande maigre, poissons gras, huile d’olive, tout en modérant la consommation de vin, de viande rouge et de produits laitiers diminuerait sensiblement le risque d’Alzheimer.

À noter également que la caféine protégerait les neurones et réduirait ainsi le risque de déclin cognitif d’après une étude réalisée sur des souris. Reste maintenant à démontrer l’effet préventif de la caféine sur la maladie d’Alzheimer chez l’Homme.

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