📌 En résumé
L’hospitalisation à domicile (HAD) permet de recevoir chez soi des soins hospitaliers sur prescription médicale. Tout patient peut en bénéficier si son état le justifie et que le domicile est adapté, y compris une personne âgée vivant seule.
En 2023, environ 168 000 patients ont été pris en charge en HAD en France. La prise en charge est celle d’une hospitalisation classique : 80 % remboursés par l’Assurance maladie, 100 % en cas d’ALD, le reste par la mutuelle, sans forfait hospitalier.
Qu'est-ce qu'un service d'hospitalisation à domicile (HAD) ?
Alternative à l’hospitalisation classique, l’hospitalisation à domicile (HAD) permet de bénéficier chez soi de soins médicaux et paramédicaux habituellement dispensés à l’hôpital. Elle est organisée pour une durée déterminée, renouvelable en fonction de l’évolution de l’état de santé du patient.
Ce type d’hospitalisation est mis en place exclusivement sur prescription médicale, avec l’accord du médecin traitant qui assure la prise en charge médicale tout au long du séjour.
En 2023, on comptait 293 établissements d’hospitalisation à domicile en France, environ 168 000 patients pris en charge et 7,2 millions de journées de soins, soit 8 500 patients de plus qu’en 2022.
L’activité de l’HAD est en croissance continue depuis plusieurs années et couvre désormais la quasi-totalité du territoire national.
Qui a droit à l’hospitalisation à domicile ?
La décision de recourir à une HAD appartient au médecin hospitalier ou au médecin traitant. L’accord de ce dernier est toujours sollicité : il porte la responsabilité médicale des soins pendant le séjour, en lien avec des médecins spécialistes le cas échéant.
Quelles conditions pour être hospitalisé à domicile ?
Tout patient, quel que soit son âge (enfant, adolescent, adulte, senior) et sa situation (perte d’autonomie, personne handicapée, précarité sociale…), peut être hospitalisé à domicile si son état de santé le justifie.
Plusieurs conditions doivent toutefois être réunies :
- Des soins réalisables hors hôpital : les traitements prescrits doivent pouvoir être délivrés en dehors d’un établissement hospitalier.
- L’accord du patient et l’adhésion de sa famille : la famille ou les proches sont idéalement associés au projet de soins.
- Des conditions de vie compatibles : le logement (domicile personnel, EHPAD, maison de retraite…) doit permettre une prise en charge médicale sécurisée.
- Une zone géographique couverte : le domicile doit se situer dans le secteur d’une structure d’HAD, ce qui est aujourd’hui le cas sur la quasi-totalité du territoire.
Une personne âgée seule peut-elle être hospitalisée à domicile ?
Oui. Vivre seul n’exclut pas l’HAD, mais la structure évalue au cas par cas la sécurité du maintien à domicile. Un entourage disponible facilite l’accord, notamment pour les gestes que l’équipe soignante n’assure pas.
Pour une personne âgée isolée, plusieurs relais peuvent compléter l’HAD :
- Une téléassistance : pour alerter en cas de chute ou de malaise entre deux passages.
- Une aide à domicile : pour les tâches non médicales (repas, ménage), qui ne relèvent pas de l’HAD.
- Le passage coordonné des soignants : infirmiers, aides-soignants et médecins interviennent selon un planning défini.
La HAD ne prend pas en charge l’aide-ménagère ni l’aide au repas. Ces services relèvent de l’aide à domicile, à organiser en parallèle.
💡Bon à savoir : Pour préparer la suite du séjour, retrouvez nos conseils pour préparer le retour à domicile après hospitalisation.
Quels soins peut-on recevoir en HAD ?
De nombreux soins peuvent être réalisés en HAD. Ils peuvent être ponctuels (maladie non stabilisée, chimiothérapie, surveillance d’un traitement), continus (assistance respiratoire, nutrition entérale…) ou porter sur la rééducation (orthopédique, neurologique, formation du patient et de son entourage…).
Les soins palliatifs peuvent également être prodigués dans le cadre d’une hospitalisation à domicile.
Hospitalisation à domicile : avantages et inconvénients
Les avantages de l’HAD
Être hospitalisé à domicile présente plusieurs avantages, pour le patient comme pour le système de santé.
Pour le patient, l’HAD offre le confort d’être chez soi : maintien des habitudes, présence des proches, moins de déplacements à l’hôpital. Les soins et traitements sont coordonnés par une équipe hospitalière, dans un cadre médical organisé au domicile.
Sur le plan économique, le coût d’une journée en HAD est en moyenne 4 fois moins élevé qu’une journée en hôpital classique.
Quels inconvénients ?
Quelques limites sont à prendre en compte avant de choisir une hospitalisation à domicile :
- Moins de personnel et de services qu’à l’hôpital : pas de ménage ni de préparation des repas, qui restent à organiser séparément.
- Choix des professionnels de santé encadré : l’infirmier ou l’équipe intervenante sont généralement désignés par la structure d’HAD.
- Contraintes d’organisation : accès au domicile des soignants, coordination des passages et investissement des proches peuvent demander une adaptation du quotidien.
Suivre des soins palliatifs à domicile
Délivrés à une personne âgée ou un malade en fin de vie, les soins palliatifs visent à soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, tout en prenant en compte sa souffrance psychique, sociale et spirituelle du patient. Ils représentent une part importante de l’activité d’hospitalisation à domicile (environ un tiers).
Un accompagnement à la fin de vie à domicile est possible sous certaines conditions :
► Une condition de pathologie : pathologie neurodégénérative lourde, phase terminale d’une maladie grave (cancer) ou personne âgée dépendante en fin de vie.
► Un contexte personnel favorable : la présence d’un entourage familial ou de proches est généralement recherchée pour assurer un soutien au quotidien.
► Un environnement médical adapté : médecin traitant formé aux soins palliatifs, structure hospitalière en capacité de prendre le relais et équipe médicale assurant un suivi régulier à proximité du domicile.
Selon la situation, différentes équipes peuvent intervenir :
- Un service d’HAD, autonome ou rattaché à un établissement de santé.
- Un SSIAD (Service de soins infirmiers à domicile), structure médico-sociale délivrant les soins infirmiers sur prescription.
- Des infirmiers et infirmières libérales habilités à prodiguer des soins palliatifs.
- Une EMSP (Équipe mobile de soins palliatifs), unité de soins palliatifs pluridisciplinaire rattachée à un établissement hospitalier, qui accompagne et forme les équipes intervenant au domicile.
Une coordination est assurée entre les intervenants en soins palliatifs et ceux assurant les soins courants (aide à la toilette, nursing, chimiothérapie…), afin de garantir une prise en charge globale de la personne.
Comment mettre en place une hospitalisation à domicile ?
L’admission en HAD
Seul un médecin hospitalier ou le médecin traitant peut orienter une personne vers l’hospitalisation à domicile. Lorsque l’initiative vient de l’hôpital, l’accord du médecin traitant est systématiquement sollicité : il construit le projet de soins en coordination avec l’équipe de l’établissement.
Si l’HAD intervient dans un établissement d’hébergement spécialisé (EHPAD, résidence services…), une convention fixe les modalités de coopération entre la structure d’HAD et l’équipe de la structure d’accueil.
Le séjour en HAD est en principe à durée déterminée, mais peut être renouvelé en fonction de l’évolution de l’état de santé. Si des soins restent nécessaires au-delà, l’établissement d’HAD organise les suites de la prise en charge sous une autre forme (services à domicile, réhospitalisation, structure médico-sociale…)
Quel matériel médical est fourni en HAD ?
La structure d’HAD fournit le matériel médical nécessaire aux soins prescrits. Il est livré par l’établissement ou par un prestataire, puis installé au domicile.
- Confort et mobilité : lit médicalisé, fauteuil releveur, verticalisateur, déambulateur.
- Dispositifs de soins : pompes à perfusion, matériel d’assistance respiratoire ou de nutrition.
- Consommables : pansements, produits et fournitures de soins, réapprovisionnés régulièrement.
La location du matériel médical est prise en charge dans le cadre de l’HAD, avec dispense d’avance de frais pour le patient.
Comment se déroulent les soins à domicile ?
L’HAD suppose une prise en charge globale de la personne. Tous les professionnels médicaux, paramédicaux et sociaux, libéraux ou salariés, peuvent être associés : médecins, infirmiers, kinésithérapeute, ergothérapeute, aides-soignants, psychologue, assistante sociale.
Un dispositif d’alerte pour les urgences est prévu : une permanence téléphonique joignable 7 j/7 et 24 h/24, permettant d’organiser une intervention en cas de problème.
Quelle prise en charge pour une hospitalisation à domicile ?
Combien coûte une hospitalisation à domicile ?
Le coût d’une hospitalisation à domicile est calculé selon les mêmes règles que pour une hospitalisation classique. En revanche, le forfait hospitalier ne s’applique pas, puisque le patient reste chez lui.
Quelle prise en charge de la CPAM pour une HAD ?
Comme toute hospitalisation, l’HAD est remboursée à 80 % par l’Assurance maladie. En cas d’affection de longue durée (ALD) exonérante, la prise en charge peut atteindre 100 %.
Dans les deux cas, une dispense d’avance de frais est possible pour de nombreuses dépenses : honoraires des médecins, frais pharmaceutiques, actes de laboratoires, honoraires des professionnels paramédicaux conventionnés, transport en ambulance et location de matériel médical (lit médical, fauteuil roulant, aide à la levée…).
Hospitalisation à domicile : un remboursement de la mutuelle ?
Les 20 % non remboursés par la CPAM au titre du ticket modérateur peuvent être pris en charge par la complémentaire santé, notamment si elle couvre les dépassements d’honoraires.
Il est donc utile de vérifier les garanties de son contrat et, si besoin, de souscrire une mutuelle senior adaptée à ses besoins de santé.