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Promouvoir et revaloriser le métier d’accueillant familial

Rédaction : Carole Carries - Mise à jour : 26 janvier 2021 à 12h05
L'accueil familial, une solution d'accueil à deévelopper

Face à la crise des EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes), particulièrement impactés par l’épidémie de la covid-19, de nombreuses personnes âgées, ou en perte d’autonomie, ainsi que leurs familles, souhaitent trouver des solutions d’hébergement alternatives. Le dispositif d’accueil familial constitue une réponse intéressante à cette aspiration. Toutefois, même s’il existe depuis une vingtaine d’années en France, il reste encore trop peu connu et de nombreux départements manquent d’accueillants pour répondre à toutes les demandes. On dénombre actuellement environ 10 000 accueillants familiaux pour un peu plus 18 000 places, un chiffre qui a tendance à stagner, voire à baisser.
En décembre dernier, un rapport de l’Assemblée nationale pointe les raisons de ce revers et offre plusieurs pistes pour promouvoir et augmenter l’attractivité le métier d’accueillant familial.

 

L’accueil familial, un mode d’hébergement convivial

Vivre dans un cadre familial convivial et chaleureux au sein d’une famille, bénéficier d'une présence aidante et d'un accompagnement approprié de jour comme de nuit 7 jours/7, disposer d’un logement adapté à ses besoins, tels sont les souhaits de beaucoup de personnes âgées en perte d’autonomie qui ne peuvent plus se maintenir seules à domicile.

L’accueil familial propose cette alternative d’hébergement à coût réduit et reste, à ce jour, un excellent compromis entre le maintien à domicile et le départ en établissement médicalisé. Réservé aux seniors de plus de 60 ans ou aux personnes handicapées adultes, ce dispositif d’accueil permet de répondre à des demandes d’accueil permanentes ou temporaires (après une hospitalisation par exemple), qu’elles soient à temp plein, à temps partiel (journée ou nuit) ou séquentiel (le week-end par exemple). Un contrat d’accueil établi entre l’accueillant et la personne hébergée fixe les conditions matérielles et financières de l'accueil ainsi que les droits et obligations de chaque partie.

 

Quelles conditions pour devenir accueillant familial ?

Aujourd’hui, bon nombre de professionnels du médico-social (aides-soignants, infirmiers, ambulanciers...) se reconvertissent dans le métier d’accueillant familial. Pour l’exercer, il est nécessaire d’obtenir un agrément délivré pour cinq ans par le Conseil départemental. Cette autorisation permet d’accueillir entre une et trois personnes âgées ou en situation de handicap (voire quatre pour les accueillants en couple). Sont pris en compte l’aptitude des candidats à exercer cette activité, la qualité du projet, les motivations ainsi que les conditions matérielles de l’hébergement : disposer d’une chambre individuelle d’au moins 9 m2 (16 m2 pour un couple) et offrir l’accessibilité aux espaces communs.

L’accueillant a pour mission d’offrir le gîte et le couvert à la personne accueillie et de s’assurer du bon suivi de ses soins de santé. Il l’accompagne au cours de ses déplacements et activités et l’assiste dans les actes essentiels de la vie courante (toilette, habillage, lever, coucher…). Il contribue également à maintenir le lien social avec ses proches.

En contrepartie, un salaire, négocié en fonction des conditions et ses prestations offertes, lui est versé directement par la personne accueillie, qui est alors considéré comme son employeur. Cette rémunération intègre plusieurs variables, à savoir le type d’accueil mais aussi le nombre de personnes accueillies et leur degré d’autonomie. Ce salaire varie donc d’une famille à l’autre et oscille généralement entre 1200 et 1500 € nets par mois pour l’accueil d’une personne à temps complet (hébergement, repas, accompagnement, activités). Il inclut une indemnité de congés payés de 10 % et comprend les cotisations sociales, hors chômage.

La personne accueillie peut bénéficier des mêmes aides financières qu’à domicile. Selon les cas, il peut s’agir de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA), de l’Aide Personnalisée au Logement (APL), de l’Allocation de Logement Sociale (ALS), de l’Allocation de Logement Familiale (ALF), de la Prestation de Compensation au Handicap (PCH), de l’Aide Sociale à l’Hébergement (ASH) ou d’une aide sociale du conseil départemental.

Bon à savoir : Le coût de l’accueil familial, en moyenne nationale, reste deux fois moins cher (50 %) qu'un hébergement en EHPAD, pour un reste à charge d’en moyenne 1 078 € par mois.

 

Revaloriser le statut d’accueillant familial

Malgré les atouts que présente l’accueil familial pour les personnes hébergées : un hébergement convivial et chaleureux ainsi qu’un moindre coût au regard des structures médico-sociales, le dispositif peine à se développer.

Plusieurs raisons à cela. D’une part, la profession manque d’attractivité en raison de son statut précaire. La rémunération apparaît peu élevée au regard des compétences et de l’investissement des accueillants. Métier encore mal connu, il implique pourtant un véritable engagement humain avec un vrai sens des responsabilités. Par ailleurs, à tout moment, la personne accueillie est susceptible de quitter l’hébergement ou bien de décéder, laissant son accueillant avec une perte de revenus conséquente. D’autre part, on constate qu’il est très difficile de se faire remplacer en cas d’absence (congé, retraite, maladie…).

C’est pourquoi plusieurs députés ont soumis plusieurs propositions afin de sécuriser et de promouvoir la profession :

  • Revaloriser les salaires,
  • Ouvrir les droits à l’assurance chômage,
  • Adapter la formation d’accueillant familial,
  • Constituer un réseau de remplacement,
  • Permettre l’accueil familial entre membres de la même famille,
  • Délivrer l’agrément au niveau national (et non plus départemental)
  • Offrir aux accueillants le statut de salarié,
  • Reconnaitre l’accueil familial comme la 27e activité des services à la personne,
  • Reconnaître les accueillants comme des professionnels du secteur médicosocial.

Gageons que ces propositions soient reprises par les pouvoirs publices afin de développer cette solution d’accueil alternative qui gagne à être connue.

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